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19/11/2020

Namibie/Botswana : Menace pétrolière sur le Delta de l’Okavango

 

(La Libre Afrique) Le delta de l’Okavango, classé au Patrimoine mondial, est menacé par une société pétrolière canadienne qui va y commencer des forages en décembre.

Rien ne peut arrêter le fléau de l’or noir. Pendant des décennies, la Namibie et le Botswana ont figuré parmi les champions de la conservation en Afrique. Mais cet âge d’or pourrait se terminer. En effet, les deux gouvernements ont accordé des permis de prospection à la « junior » canadienne, ReconAfrica, couvrant une zone de 35 000 km2, plus vaste que la Belgique. Et la société, cotée en bourse de Toronto, a annoncé son intention d’entamer en décembre des forages pétroliers et gaziers dans des aires protégées qui alimentent en eau le delta de l’Okavango, sanctuaire unique de grands mammifères, inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité (voir ci-dessous).

Selon les géologues embauchés par ReconAfrica, la zone abriterait des réserves considérables dépassant les 100 milliards de barils, soit  l’équivalent du tiers de celles du Venezuela ou de l’Arabie Saoudite, qui sont les plus importantes de la planète.

Une partie de ce pactole peut être exploité selon les technologies classiques mais le reste est contenu dans des dépôts de schiste, requérant le recours à la fracturation hydraulique, très controversée, désignée sous le terme de « fracking ». Cela consiste à injecter du sable, de l’eau et des produits chimiques à haute pression pour fracturer les roches et accéder ainsi aux poches de pétrole ou de gaz. Cela produit des eaux résiduelles parfois radioactives et souvent toxiques, qui peuvent contaminer les eaux souterraines et de surface, menaçant la santé de la faune, de la flore et des humains.

En effet, bien que le ministre namibien des Mines, Tom Alweendo, ait prétendu en septembre, au quotidien « The Namibian » que ReconAfrica ne recourrait qu’à des techniques conventionnelles, le PDG de la société, Scot Evans, a recruté un crack du fracking pour développer le projet. Evans n’est pas un pied tendre dans l’industrie. Il fut vice-président de la société texane de services à l’industrie pétrolière Halliburton, dont le patron fut l’ancien vice-Président américain Dick Cheney et qui s’est considérablement enrichie grâce à la guerre en Irak. En 2003, elle défraya la chronique en admettant que sa filiale KBR avait payé un pot de vin pour obtenir un régime fiscal favorable au Nigeria.

Les sites de forage se trouvent le long de la rivière Okavango, sur la frontière entre la Namibie et le Botswana, à l’intérieur de la Kavango-Zambezi Transfrontier Conservation Area (KAZA-TFCA) qui englobe, sur une superficie représentant l’équivalent de celle de la France, 36 aires protégées, dont trois parcs nationaux (Khaudum, Manghetti et Bwabwata).

Les concessions de ReconAfrica chevauchent plusieurs couloirs de migration d’animaux sauvages qui traversent ces parcs; ceux-ci, ensemble, constituent la plus grande aire de conservation transfrontalière au monde. Une marée noire menacerait la rivière Okavango et toute la faune et la flore jusqu’au delta. La zone est notamment le lieu de transhumance de la plus grande population d’éléphants du continent (environ 250 000) ainsi que des antilopes des sables

À cause de ce projet, s’inquiètent en outre les anthropologues, les premiers habitants humains de la zone, désignés sous l’appellation de « Bushmen » ou « San », qui y vivent depuis 40 000 ans, risquent de perdre leur dernier refuge dans le Kalahari. Un forage est en effet prévu près du site archéologique inscrit au patrimoine de l’Unesco de Tsodilo Hills, au Botswana, qui abrite 4500 peintures rupestres.

Selon le ministère namibien de l’Environnement et du Tourisme, une étude d’impact environnemental concernant trois forages a été effectuée. Mais les communautés locales et la société civile ont été tenues à l’écart, affirment les critiques. La menace concerne aussi le secteur du tourisme. Le delta de l’Okavango est l’attraction touristique principale du Botswana. Au total, près d’un million de personnes pourraient être affectées par l’exploitation pétrolière dans un environnement aussi fragile

Situé au nord du Botswana, le delta de l’Okavango, vaste de 18 000 km2, est le second plus grand delta intérieur de la planète après celui du Niger. Les eaux de ce fleuve sans embouchure maritime se déversent chaque année, au milieu de l’été austral, dans le désert du Kalahari, constituant un site unique de biodiversité. Pas moins de 24 espèces d’échassiers nichent dans les îles – alors souvent totalement submergées – parfois sur des figuiers aquatiques sous lesquels s’abritent crocodiles et hippopotames.

C’est l’habitat saisonnier de nombreuses espèces de mammifères, dont les « Big Five » (éléphant, buffle, lion, léopard et rhinocéros blanc ou noir) mais aussi des gnous, des koudous, des springboks, des zèbres, des hyènes, des lycaons, des phacochères et autres cynocéphales, outre 500 espèces d’oiseaux, dont l’aigle pêcheur, la grue royale et l’ibis sacré. Dans les eaux du delta nagent 85 espèces de poisson, dont un emblématique poisson-tigre carnivore, beaucoup plus gros que le piraña sud-américain et pouvant mesurer 1,5 mètre et peser 65 kilos.

Le delta est aussi le domicile de plusieurs populations humaines dont les San ou bushmen, les Hambukushu, les Dceriku et les Bugakhwe.

 

François Misser

19/10/2020

RDC : L’hydrogène congolais, énergie de l’avenir pour l’UE. Mythe ou réalité ?

(La Libre Afrique) Des promoteurs allemands envisagent d’importer de l’hydrogène produit à partir de l’électricité d’Inga, profitant de fonds européens pour développer cette forme d’énerqje propre. Mais il y a encore loin des intentions à la réalité.

Depuis des décennies, le projet de produire de l’hydrogène à partir de l’énergie du barrage d’Inga est caressé par les ingénieurs. Parmi eux, le Belge Robert Arnould et le Congolais Bertin Bangula, estimaient dans une communication universitaire en 2011 que les sites de Manyanga et d’Inga recèleraient un potentiel correspondant à 10% de la demande mondiale l.

Pour Paul Frix, ancien directeur de l’Agence belge de coopération au développement (AGCD), ce projet a du sens. C’est pourquoi, il dit comprendre la démarche, validée par le conseiller Afrique de la chancelière Merkel, Günter Nooke, entreprise par l’Allemand Gernot Wagner, patron de la société Evagor, qui s’est rendu à Kinshasa en août dernier pour convaincre la présidence de la pertinence du projet.

Mais celui-ci exige des investissements importants. Outre l’usine d’électrolyse qu’Evagor veut construire à Banana sur l’Atlantique, qui serait alimentée à partir du futur barrage d’Inga 3, il implique la construction d’un port en eau profonde dans cette même ville pour accueillir les hydro-tankers, chargés d’évacuer l’hydrogène sous forme liquide, qui pourrait coûter jusqu’à un milliard de dollars

Pour financer son mégaprojet, auquel il veut associer d’autres sociétés allemandes (Siemens, Linde, VN Gas et la Deutsche Bank), Gernot Wagner compte sur l’argent européen. Il inscrit sa démarche dans le contexte de la stratégie de l’hydrogène vert présentée le 8 juillet dernier par la Commission européenne pour décarboner les secteurs les plus polluants comme la sidérurgie et les transports et conduire l’UE vers la neutralité climatique en 2050, en remplaçant les énergies fossiles.

Comme les capacités européennes de production d’hydrogène vert sont limitées, la Commission souligne l’importance du potentiel africain et le besoin d’accélérer le développement de la capacité de génération d’énergie propre sur le continent. A cette fin, elle entend explorer de telles opportunités de promouvoir des projets dans le cadre de l’Initiative d’énergie verte Afrique Europe et c’est précisément cette intention qu’entend exploiter Gernot Wagner.

Au nombre de ces pays figure le Maroc qui a signé un accord de coopération avec l’Allemagne qui prévoit la construction d’une unité de production d’hydrogène vert, alimenté par des éoliennes et des centrales solaires. Face à cette concurrence, le Congo peut faire valoir l’avantage comparatif de l’énergie la moins chère que produirait Inga 3, à un coût très inférieur. À cet égard, le gouvernement congolais se dit assurer de l’intérêt allemand pour le projet de Gernot Wagner qui vise à une production annuelle de deux millions de tonnes d’hydrogène, soit 4 %.de la production mondiale actuelle, selon le ministre de la coopération internationale, Pépin Guillaume Maniolo

Pareille perspective, considère Paul Frix, justifierait un intérêt accru de l’UE pour Inga 3 qui est la condition sine qua non de la réalisation de l’usine d’hydrogène. L’UE, dit Frix, pourrait au minimum financer le coût d’une étude sur les stratégies tarifaires nécessaires pour que Inga 3 voit le jour. En attendant, il est nécessaire dit Paul Frix de s’assurer que l’Allemagne dispose d’une capacité maritime suffisante pour transporter l’hydrogène liquide du Congo vers l’Europe.

Mais au delà de la pertinence d’exploiter l’hydrogène, la taille modeste de la société Evagor dont le bilan n’atteint pas les 13 millions d’euros, suscite des interrogations sur sa capacité à développer son projet congolais. Tout au plus, dans une vidéo postée sur le site d’Evagor, Gernot Wagner explique-t-il que son projet bénéficie du soutien de plusieurs institutions qu’il ne cite pas. Peu de détails ont filtré sur le business plan d’Evagor, sur la taille de la centrale, sur son coût et sur la quantité d’énergie d’Inga 3 nécessaire à son fonctionnement. En outre, la société ne compte pas que des amis au Congo. Elle est en litige avec la Gécamines à propos du projet de centrale thermique de Luena (CTL) qu’elle avait proposé de construire en 2012. La Gécamines, actionnaire à 70% de CTL lui avait commandé une étude de faisabilité de 15 millions de dollars. Mais celle-ci au dire de la Gécamines avait été incomplète et la garantie du financement du projet par une banque allemande ne fut jamais fournie. Depuis, la Gécamines s’est lancée dans la recherche de nouveaux partenaires. Dans la mesure où le patron de la Gécamines, Albert Yuma, appartient au cercle rapproché de l’ex-Président Joseph, Kabila, il n’est pas sûr que les Allemands rencontrent tous les soutiens dont ils auraient besoin pour faire avaliser leur projet d’usine d’hydrogène.

Un autre écueil est que la condition sine qua non de la réalisation de leur projet, la construction d’Inga, soit effective à bref délai. Or, ce n’est pas gagné. En 2018, l’Agence pour le développement du projet Grand-Inga (ADPI) qui dépend de la Présidence de la République a annoncé que la capacité d’Inga 3 ne serait plus de 4 800 MW comme initialement mais de 11 000 MW. Ce qui suppose un investissement bien plus important que les 14 milliards prévus pour le financement de la construction du barrage, de la centrale et des interconnexions plus difficile, dans le scénario d’une centrale de 4800 MW. Qui plus est, alors que la conception des grands projets d’électricité repose généralement sur l’assurance de clients solvables sur la durée qui facilite la garantie du projet par des banques, l’ADPI a annoncé une augmentation de la capacité future d’Inga 3 sans avoir les garanties de pouvoir vendre toute l’électricité additionnelle.

François Misser

14/10/2020

Afrique : les envois de fonds risquent de baisser de 21% en 2020 à cause du coronavirus (CEA)

 

(Agence Ecofin) - De 85 milliards $ estimés en 2019, les envois de fonds de la diaspora vers l’Afrique pourraient chuter de 18 milliards $ en 2020, selon un nouveau rapport de la CEA. Cela s’explique par les perturbations économiques liées à la covid-19 dans plusieurs pays d’accueil des migrants africains.

Les envois de fonds de la diaspora vers le continent africain pourraient baisser de 21% en 2020 par rapport à 2019. C’est ce qu’indique le rapport « Préserver les envois de fonds à l’époque de la covid-19» publié la semaine dernière par l’Organisation anti-pauvreté ONE et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).

Il s’agit d’un recul anticipé de 18 milliards $ par rapport à l’année 2019 où la Banque mondiale estime que 85 milliards $ ont été envoyés par les Africains de l’étranger à leurs proches en Afrique. Cette baisse due à la pandémie de covid-19 devrait ainsi mettre un coup d’arrêt à la tendance haussière des fonds envoyés vers l’Afrique, observée ces dernières années.

On estime que depuis 2009, le flux des envois de fonds vers le continent a presque doublé représentant désormais plus de 5 % du PIB dans 15 pays africains.

La prévision de cette contreperformance par la CEA s’inscrit dans le même ordre d’idée que les estimations de la Banque mondiale qui prévoyait en avril un recul de l’ordre de 23,1% pour l’Afrique subsaharienne. Le confinement strict des populations et le ralentissement des activités dans plusieurs pays abritant une grande partie de la diaspora africaine (France, Royaume-Uni, USA, etc.) ainsi que « la perturbation des opérations des prestataires de services de transfert de fonds » sont entre autres les principales causes de cette situation qui devrait affecter les arrivées de devises étrangères en Afrique.

« En Afrique, une personne sur cinq effectue ou reçoit des envois de fonds internationaux. La covid-19 a gravement affecté les envois de fonds vers le continent qui seront revus à la baisse de 21% en 2020, soit 18 milliards de dollars de moins pour les personnes qui en dépendent. Il est donc essentiel de préserver cette bouée de sauvetage essentielle pour l’Afrique », a à cet effet déclaré Stephen Karingi, directeur de la division de l’intégration régionale et du commerce (RITD) de la CEA.

Serah Makka, directrice de l’ONG ONE au Nigeria appelle « les ministres des Finances du G20 à modifier leurs plans nationaux de transfert de fonds y compris la réglementation bancaire, afin de réduire les coûts d’envoi de fonds à près de 0% jusqu’à la fin de la pandémie. Ainsi, nous pouvons garantir que leur coût ne dépasse pas 3% comme convenu dans les objectifs de développement durable, et sauver des millions de familles de cette paralysie financière totale ».

Moutiou Adjibi Nourou

09/09/2020

La Banque africaine de développement partenaire de premier plan du 10ème Forum annuel sur la révolution verte en Afrique

 

(BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT) - La Banque africaine de développement figure parmi les partenaires de premier plan du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF), la plus importante conférence africaine sur l’agriculture, qui se déroule pour la première fois en ligne, du 8 au 11 septembre, en raison de la pandémie de Covid-19.

La dixième édition annuelle de l’AGRF compte parmi ses principaux intervenants des chefs d’État et de gouvernement d’Afrique, et elle réunit des représentants de gouvernements, de la société civile, du secteur privé et de la communauté scientifique. L’AGRF 2020, organisé par le gouvernement du Rwanda et par ses partenaires, a pour thème : « Nourrir les villes et développer le continent. Comment tirer parti des marchés alimentaires des zones urbaines pour mettre en place des systèmes alimentaires durables en Afrique ? »

« Alors que la pandémie de Covid-19 provoque des turbulences à travers toute l’Afrique, nous devons donner la priorité aux politiques de soutien, notamment en faveur des petites et moyennes entreprises qui produisent, transforment et commercialisent 60 % des biens alimentaires consommés sur le continent », a déclaré Wambui Gichuri, vice-président par intérim de la Banque africaine de développement, chargé de l’Agriculture et du développement humain et social. Nous devons améliorer la circulation des intrants et des denrées alimentaires, accroître la production et améliorer l’accès à des produits alimentaires sains et nutritifs, créer des équipes spéciales chargées de veiller à la sécurité alimentaire dans les pays et renforcer la capacité des organisations régionales à effectuer un suivi des initiatives transfrontalières. L’AGRF est la tribune qui permet de faire progresser ces débats sur les politiques à suivre ». 

Wambui Gichuri conduit la délégation virtuelle de la Banque à l’AGRF, qui comprend Atsuko Toda, directrice du Financement agricole et du développement rural, Martin Fregene, directeur de l’Agriculture et de l’agro-industrie, Esther Dassanou, coordonnatrice du programme Discrimination positive en matière de financement pour les femmes d’Afrique (AFAWA) de la Banque, et Edson Mpyisi, coordonnateur du programme de la Banque « Enable Youth ». La délégation de la Banque participe à neuf séances virtuelles de l’AGRF.

Wambui Gichuri prononce une allocution lors d’une séance plénière ayant pour thème la nutrition, intitulée « Reconstruire en mieux - Faire croître le continent ». Cette rencontre sur les politiques, qui se déroule mercredi 9 septembre, porte sur le rapport de l’ONU sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, sur l’actuelle pandémie et sur les moyens de nourrir le continent.

Atsuko Toda a animé une réunion parallèle organisée par la Banque le 7 septembre. La session, intitulée « l’Intégration des systèmes alimentaires africains dans l’optique des champions des PME », a fait entendre la voix des petites et moyennes entreprises appartenant aux sous-secteurs de la production, de la transformation, de la logistique et de la chaîne du froid. 

« Nourrir la population croissante de l’Afrique ne consiste pas seulement à produire plus de biens alimentaires. Il s’agit également d’apporter des biens alimentaires aux personnes qui en ont le plus besoin. Nous aidons les entrepreneurs tout au long des chaînes de valeur du système alimentaire pour atteindre ce résultat », a déclaré Atsuko Toda.

Martin Fregene est intervenu, lundi 7 septembre, lors d’une pré-rencontre de l’AGRF intitulée « Développement à plus grande échelle » et d’une autre intitulée « Les technologies agricoles pour nourrir les villes ». 

Edson Mpyisi faisait partie des juges participant mardi 8 septembre à la séance parallèle durant laquelle s’est déroulée la finale du concours « Agripreneur AGRF ». Ce concours rassemble de jeunes entrepreneurs, des innovateurs et des forces vives du secteur agroalimentaire africain. Edson Mpyisi fait également partie des intervenants lors de la session intitulée « Renforcement de l’écosystème pour les jeunes agripreneurs africains », qui examinera les plans d’action permettant de mieux répondre aux besoins des jeunes agripreneurs.

Le mercredi 9 septembre, Esther Dassanou, la coordinatrice de l’AFAWA, se joint à une table‑ronde d’experts ayant pour thème « Comment tirer le meilleur parti des modes de financement conçus pour les femmes ». Cette session aborde les méthodes nécessaires pour identifier les femmes entrepreneures appartenant au monde invisible servant d’intermédiaire entre les agriculteurs et les secteurs de la transformation à valeur ajoutée, et entre la vente au détail et les services d’alimentation des centres urbains du continent, en vue de leur accorder des crédits.

« L’agriculture et le renforcement des systèmes alimentaires sont les pierres angulaires du plan de l’Afrique pour reconstruire en mieux après la pandémie de Covid‑19, a affirmé Martin Fregene. L’AGRF en ligne réunit les plus importants décideurs des gouvernements dans le même espace numérique que les acteurs de base situés tout au long de la chaîne de valeur agricole. Nous, à la Banque, sommes fiers d’en faire partie. »

ECOFIN

18/08/2020

Baisse du dollar : des risques et opportunités pour l’Afrique

 

(Agence Ecofin) - Des fonds spéculatifs actifs sur le marché international des monnaies réduisent leur exposition au dollar US. C’est le signe que la valeur de la principale devise des échanges mondiaux pourrait continuer de baisser. Des risques et des opportunités se présentent pour l’Afrique.

Les fonds spéculatifs se montrent prudents face au dollar américain, apprend-on des données fournies par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des contrats futurs sur les bourses des matières premières et le marché des devises. Même si la monnaie américaine reste la principale cible de cette catégorie des investisseurs, les volumes qui y sont affectés ont connu la semaine dernière, la plus forte baisse depuis mai 2018, selon les calculs de Bloomberg. 

Pour les analystes, cette évolution des choses est la preuve que la baisse de valeur que connait le dollar depuis le début de l’été risque de se poursuivre. Les fonds spéculatifs qui sont sur le marché des échanges des devises disposent très souvent des équipes de prospective aguerries. Le sentiment négatif croissant sur le dollar coïncide avec un sentiment positif grandissant sur l'euro.

Cette situation pourrait avoir une grosse incidence sur l’Afrique. Les entreprises qui sont proactives dans la gestion des risques et des opportunités surveillent avec attention l’évolution des choses, surtout celles qui ont des obligations de remboursement de la dette en dollar. Une monnaie américaine plus faible constitue un gain de change non négligeable.

Pour les capitaux étrangers qui ont investi en Afrique, une baisse de la valeur du dollar peut avoir plusieurs effets. On a remarqué la semaine dernière toute la difficulté qu’ont rencontré les investisseurs étrangers à sortir rapidement leurs capitaux du Nigeria en raison d'une dépréciation de la monnaie locale par rapport au dollar. Un dollar plus faible sur le long terme leur apporterait une bouffée d’oxygène.

Les gouvernements africains seront aussi attentifs à l'évolution de la monnaie américaine. En dehors des pays de la zone franc CFA qui ont une composition importante de leurs dettes internationales en euro, l'essentiel des obligations des Etats de la région est en dollar. La baisse profite donc au remboursement de la dette. Par contre, si la monnaie américaine continue de reculer, cela risque de peser sur les revenus d'exportation et par conséquent la capacité des pays à tenir leurs prévisions de recettes budgétaires.

Début mars 2020, lorsque la covid-19 s’est déclarée avec force, de nombreux investisseurs ont immédiatement cherché à se protéger en acquérant le plus possible la monnaie américaine qui est aussi celle des transactions internationales.

En réaction à un risque de surévaluation de sa monnaie qui lui serait préjudiciable, la Réserve fédérale (Banque centrale américaine) a vivement réagi en offrant plus de dollars à des pays partenaires et en rachetant la dette publique et privée. Il semble finalement qu'elle ait injecté plus d'argent qu'il ne faut.

Idriss Linge

21/07/2020

Afrique : plusieurs pays ciblés par un nouveau programme de développement et de lutte anti-coronavirus de la BEI

 

(Agence Ecofin) - Plusieurs pays africains bénéficieront d’un nouveau programme d’appui à la résilience et à la lutte anti-coronavirus lancé par la Banque européenne d’investissement. Estimé à 16,6 milliards €, le programme couvre entre autres les secteurs du climat, des transports, de l’énergie et du logement.  

 

La Banque européenne d’investissement (BEI) vient d’annoncer qu’elle s’apprête à déployer un financement de 16,6 milliards € à travers le monde. L’opération vise à lutter contre la pandémie de covid-19 et à développer des projets de résilience dans plusieurs secteurs économiques, en Afrique et dans d’autres continents.

Ainsi, plus de 10 milliards € d’investissements en lien avec la covid-19 permettront d’améliorer la santé publique, de consolider les services publics et de soutenir les investissements d’entreprises dans des secteurs touchés par la pandémie. Près de 800 millions € de financements appuieront des investissements d’entreprises liés à la covid-19 en Egypte tandis qu’un programme de financement régional spécifique permettra aussi à des entreprises d’Afrique du Nord et subsaharienne de développer des projets contre la pandémie.

Dans le domaine des énergies renouvelables, c’est un financement de près de 2 milliards € qui a été annoncé par l’institution. Il permettra de mettre en place entre autres deux nouvelles interconnexions électriques au Mali et à Madagascar afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, de renforcer l’accès à l’énergie et d’accroître l’utilisation de sources d’énergie moins onéreuses. Au Mali, la capitale Bamako sera raccordée au système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain et à de nouvelles sources d’énergies renouvelables.

Dans le secteur du transport, un nouveau soutien de 1,1 milliard € sera accordé à l’Egypte afin de transformer les transports publics dans des villes. Quant au secteur du logement, la BEI annonce qu’elle soutiendra la construction de logements à faible consommation d’énergie au Kenya. Ce programme devrait entrer dans le cadre du Big four agenda qui vise désormais à s’aligner sur les normes écologiques de la Banque mondiale pour accélérer la construction de logements abordables pour la population.

« La pandémie de covid-19 a peut-être, pour le moment, été en grande partie endiguée en Europe, mais le nombre d’entreprises profondément affectées par la crise continue d’augmenter et celui des personnes infectées et gravement malades progresse rapidement sur d’autres continents. La BEI travaille avec des centaines de partenaires des secteurs privé et public dans le monde pour repérer là où son aide est nécessaire et elle s’assure que les financements sont acheminés rapidement » a déclaré Werner Hoyer (photo), président de la BEI.

Moutiou Adjibi Nourou

25/06/2020

RDC : après son succès à Kibali, le géant minier Barrick s’active sur le projet d’or Ngayu

 

(Agence Ecofin) La filiale congolaise du géant minier Barrick Gold a lancé un programme de forages carottés sur plusieurs cibles prioritaires du projet aurifère Ngayu, en RDC. C’est ce qu’a rapporté lundi son partenaire de coentreprise Loncor Resources, indiquant que le démarrage de cette campagne est une étape importante dans la concrétisation du potentiel de la zone.

« Après avoir construit la mine d’or de Kibali à environ 220 km de là, Barrick a commencé son programme de forages à Ngayu, une zone qui, selon nous, a du potentiel pour d’importantes découvertes d’or semblables à notre propre gisement d’Adumbi », a commenté le PDG de Loncor, Arnold Kondrat.

La cible principale du programme de forages carottés sera le prospect d’Anguluku. Les autres cibles prioritaires sont Medere, Makasi, Lybie, Salisa et Bakpau NE dans la zone d’Imva, à l’ouest de la ceinture de Ngayu.

Louis-Nino Kansoun

21/05/2020

Pour David Malpass, l’annulation de la dette africaine due à la Banque mondiale serait un « signal très négatif »

 

(Agence Ecofin) - S’exprimant au micro de RFI sur l’aide apportée aux pays pauvres dans le cadre de la gestion de la pandémie de COVID-19, le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass (photo), s’est prononcé sur l’épineuse question de la dette africaine. Selon le responsable, un non-remboursement de la dette des pays du continent envers l’institution n’enverra pas un signal positif.

« Il y a eu des appels en direction des bailleurs de fonds multilatéraux pour un allègement de leur dette, en clair pour que les pays n’arrivent pas à rembourser par exemple ce qu’ils doivent à la Banque mondiale. Le problème, c’est qu’à la différence des autres créditeurs, la Banque mondiale fait appel au marché obligataire pour se fournir en fonds et en crédits », a indiqué David Malpass. Pour lui, « ne pas rembourser serait de la part de ces pays envoyer un signal très négatif » au marché notamment.

L’économiste déclare néanmoins comprendre la nécessité d’un allègement de la dette des pays pauvres en particulier du continent africain afin de leur permettre de dégager des ressources immédiates pour financer les dépenses urgentes. Selon lui, les créanciers privés des pays pauvres doivent faire un plus grand effort pour fournir une réponse « sensible et encourageante » à ce problème.

« Je suis optimiste sur le fait que les créanciers privés comprendront qu’il est dans l’intérêt à long terme de l’ensemble du monde de prendre en compte ce que dit le G20. Vous savez, dans un communiqué, le G20 a appelé les créanciers privés, comme les créanciers publics, à faire le même traitement de cette question de la dette », souligne-t-il. Il appelle également les pays africains à « s’adresser à leurs partenaires bilatéraux traditionnels » afin de « trouver avec eux une solution pour obtenir davantage de moyens ».

Alors que les financements à destination des pays pauvres semblent encore insuffisants pour les aider à relever efficacement le défi de la crise actuelle, David Malpass a déclaré que son institution prévoyait d’augmenter le montant de ses aides financières. D’ici juin 2021, la Banque mondiale espère fournir 156 milliards $ d’aide au total, dont la plus grande partie sera destinée à l’Afrique subsaharienne. A ce jour, seulement 5,5 milliards $ ont été fournis par l’institution dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

« Même avec tout cela, ce ne sera pas suffisant. Alors ce que nous cherchons à faire, avec Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, c’est d’élargir le moratoire sur la dette », a déclaré David Malpass pour qui ces mesures permettront de financer les dépenses de santé de plus en plus importantes.

Moutiou Adjibi Nourou     

01/04/2020

La BAD lève 3 milliards $ pour aider à atténuer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les économies africaines

(Agence Ecofin) - La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé avoir levé un montant exceptionnel de 3 milliards $ sur trois ans pour aider à atténuer l’impact économique et social de la pandémie de Covid-19 sur les moyens de subsistance et les économies africaines.

L'obligation sociale « Fight Covid-19 », d'une durée de trois ans, a suscité l'intérêt des banques centrales et des institutions officielles, des trésoreries bancaires et des gestionnaires d'actifs, y compris les investisseurs socialement responsables, avec des offres dépassant 4,6 milliards $. Il s'agit de la plus importante obligation sociale jamais lancée sur les marchés internationaux des capitaux à ce jour et de la plus grande référence en dollars américains jamais émise par la Banque. Il paiera un taux d'intérêt de 0,75%.

« La Banque africaine de développement prend des mesures audacieuses pour soutenir les pays africains. Cette émission d'obligations Covid-19 de 3 milliards $ est la première partie de notre réponse globale qui sera bientôt annoncée. Il s'agit en effet de la plus importante transaction d'obligations sociales libellée en dollars, à ce jour sur les marchés de capitaux. Nous sommes ici pour l'Afrique et nous apporterons un soutien rapide et significatif aux pays », a déclaré le Dr Akinwumi Adesina, Président du Groupe de la BAD.

Selon les premières estimations, le continent aura besoin de plusieurs milliards de dollars pour amortir l'impact de la maladie car de nombreux pays ont pris des mesures d'urgence, y compris des fermetures commerciales, pour contenir l’épidémie.

À l'échelle mondiale, les usines ont été fermées et les travailleurs renvoyés chez eux, perturbant les chaînes d'approvisionnement, le commerce, les voyages et entraînant de nombreuses économies vers la récession.

04/03/2020

RDC : le gouvernement sollicite l’aide des compagnies minières pour augmenter ses réserves en devises étrangères

 

(Agence Ecofin) - Le gouvernement congolais veut acheter des dollars aux compagnies minières actives dans le pays en échange de francs congolais. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, dans une lettre adressée à Louis Watum, président de la Chambre des Mines, et relayée par Bloomberg.

Cette décision vise à « assurer la résilience de l’économie nationale » a déclaré le Premier ministre alors que le pays cherche à obtenir un prêt du Fonds Monétaire International. Le code minier adopté en 2018 permet en effet à la Banque centrale congolaise de solliciter l’aide des compagnies pour augmenter ses réserves en devises étrangères, « si les besoins de l’économie nationale l’exigent ». À cet effet il leur est demandé de rapatrier au moins 60 % de leurs recettes d’exportation vers des comptes en RDC.

Les négociations ont déjà démarré avec les compagnies minières actives dans le pays sur les modalités de l’achat, a déclaré le ministre des Mines Willy Kitobo. Rappelons que de grandes compagnies comme Glencore, Barrick ou encore China Molybdenum sont présentes en RDC dans l’exploitation du cobalt, de l’or ou du cuivre.

 

26/01/2020

Classement 2020 selon l'indice de perception de la corruption : plusieurs pays africains toujours dans le rouge

 

(Agence Ecofin) - Le classement 2020 de Transparency International sur l'indice de perception de la corruption dans le monde est désormais public. Sans surprise, plusieurs pays d'Afrique subsaharienne figurent dans le top 50 des plus corrompus dans le monde, même si quelques changements sont notés çà et là.

19 pays ont connu une amélioration de leurs positions, notamment l'Angola, l'Ethiopie et le Mozambique qui ont gagné respectivement 19, 18 et 12 places. 5 pays ont vu leurs positions inchangées tandis que 25 ont perdu des places. eSwatini et le Liberia ont connu les plus mauvaises performances avec 24 et 17 places perdues respectivement.

On note aussi que les leaders économiques dans leurs sous-régions : le Ghana, le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Cameroun ont perdu des places, notamment 2 pour les deux premiers et 1 pour les leaders de l'UEMOA et la CEMAC. En Afrique de l'Est et australe, le Kenya (+7) et l'Afrique du Sud (+3) ont amélioré significativement leurs positions.

D'un point de vue global, les Seychelles et le Botswana dominent le classement d'Afrique subsaharienne, avec des positions générales respectives de 27e et 34e. Deux pays de l'UEMOA (le Sénégal et le Bénin) sont dans le top 10 des pays les moins corrompus d'Afrique avec pour le Bénin, une première arrivée à ce niveau du classement. On notera aussi la sortie de Maurice et du Ghana de ce classement restreint.

Ce classement sort à quelques semaines du Financial Secrecy Index, un classement qui permet de voir les pays facilitateurs et les receleurs de la corruption, en acceptant la pratique du secret financier. De ce point de vue, l'Afrique occupe souvent une place assez honorable.

De nombreuses ONG continuent de se demander comment est effectué ce classement, car en termes de montant, le continent est la partie du monde où on retrouve le moins de scandales. Quoi qu'il en soit, il n'en faut pas plus pour saper la perception des investisseurs.

Selon des données provisoires de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement, l'Afrique subsaharienne n'a reçu que 47 milliards $ d'Investissements directs étrangers en 2019, soit le plus faible montant investi dans une sous-région. Mais là aussi, les perspectives sont ouvertes, car des pays comme la Chine qui sont positionnés en rouge dans l'indice de Transparency International ont aussi reçu une solide part des investissements étrangers.

Le classement de cette année intègre aussi d'autres annexes, comme celles des performances démocratiques, selon l’Economist Intelligence Unit, ou encore l'indice de gouvernance durable de la Fondation Bertelsmann.

Idriss Linge

08/01/2020

2020 sera une année de nouvelles batailles pour le groupe financier américain Goldman Sachs en Afrique

(Agence Ecofin) - L'année 2020 pourrait être celle de nouveaux challenges pour Goldman Sachs en Afrique. Durant la période festive de décembre 2019, le groupe financier américain a profité pour donner le nom du remplaçant de Colin Coleman, qui a dirigé son bureau sud-africain pendant près de 20 ans. Jonathan Penkin est celui à qui incombera désormais cette responsabilité.

Sa nomination doit encore être approuvée, mais déjà ses missions sont importantes. M. Penkin devra en effet poursuivre le processus d'expansion de Goldman Sachs en Afrique du Sud principalement et potentiellement dans la région subsaharienne toute entière. « En ce moment où les banques centrales, comme la Réserve fédérale, deviennent de plus en plus accommodantes, l'Afrique du Sud est l'un des marchés obligataires à rendement élevé ; ce qui en fait un endroit attrayant pour les investisseurs mondiaux à la recherche de rendement », expliquait en juillet 2019, Kunal Shah, un des responsables en charge de mener cette expansion.

En 2019, Goldman Sachs a annoncé avoir postulé pour une licence bancaire en Afrique du Sud, pour se donner plus de possibilités de réaliser des transactions dans le pays. Le groupe a aussi signé un accord de trading avec Investec, pour permettre à ses clients de tirer avantage de ses positions respectives sur des marchés financiers, notamment en Afrique.

Le groupe financier américain a par ailleurs organisé une discussion entre l'actuel président sud-africain, Cyril Ramaphosa, et un groupe d'investisseurs. Le but était de partager avec eux, le potentiel réel qu'offre l'Afrique du Sud au-delà des défis publiés dans les médias.

Jonathan Penkin, qui est diplômé de l'Université du Cap en Afrique du Sud, est un habitué des missions difficiles. Il était à la tête de l'unité des marchés des capitaux de Goldman Sachs pour l'Asie (à l'exclusion du Japon) depuis 2016. Il a aussi fait partie des responsables de la banque qui ont travaillé sur la longue et difficile introduction en bourse de Saudi Aramco, le géant pétrolier saoudien.

 

 

Idriss Linge

04 décembre 2019

Consensus de Dakar

Six Chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest ont participé, ce 2 décembre 2019 à une conférence à Dakar sur le le thème « Développement durable et dette soutenable : trouver le juste équilibre ». Mis sous pression pour leur dette qui enfle, des pays africains ont décidé de dire leur façon de penser aux institutions internationales notamment celles des institutions de Bretton Woods.

La rencontre de Dakar fut organisée par le Sénégal, le FMI, l’ONU et le Cercle français des économistes. C'est par la voix du président Macky Sall que ce consensus a été porté à la connaissance des participants et de la communauté internationale. L'idée est « de faire en sorte que la conférence de Dakar contribue à faire converger une position de principe qui soit consensuelle sur un impératif délicat à savoir comment trouver le juste équilibre entre le développement durable et la dette soutenable ». Sept points ont été mis en avant par le président sénégalais au nom de ses homologues. Il s’agit de : mieux mobiliser les ressources domestiques ; améliorer la gouvernance des finances publiques et le climat des affaires ; prendre en compte les défis environnementaux et sécuritaires ; accélérer les investissements ; augmenter la valeur ajoutée des produits africains par une meilleure intégration dans les chaines de valeur ; combattre le caractère exagéré de la perception des risques en Afrique ; poursuivre la coopération entre pays africains, organismes bilatéraux et multilatéraux et secteur privé.  C’est à ces conditions que l’Afrique pourra avancer.

 

12 novembre 2019

RDC: un nouveau programme d'aide de 370 millions $ en négociation avec le FMI

 

(Agence Ecofin) - La République démocratique du Congo (RDC) est en négociation pour obtenir un financement de 370 millions $ de la part du Fonds monétaire international (FMI). C’est ce qu’a annoncé le week-end dernier, Déogratias Mutombo (photo), gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC).

Le nouveau programme consistera en une facilité de crédit rapide (FCR) dont la mise en œuvre fait l’objet d’une évaluation de la part des services du FMI. Ceux-ci devraient se rendre deux fois dans le pays d'Afrique centrale en décembre prochain pour évaluer la gouvernance des ministères, des entreprises publiques et de la Banque centrale.

« Autour du 16 décembre 2019, c’est-à-dire avant même la première évaluation qui est prévue à fin décembre, la RDC pourra bénéficier de la facilité de crédit rapide qui représentera au moins 25% de notre quote-part, un montant de plus ou moins 370 millions USD, soit un peu plus de 166 millions de DTS. Ce décaissement sera fait en une seule tranche au mois de décembre 2019 », a indiqué le gouverneur Mutombo.

Cette annonce intervient alors que la Banque mondiale a annoncé qu’elle était prête à accorder un financement de cinq milliards de dollars au pays, sur une période de cinq ans. Il servira à financer les réformes ambitieuses du président Félix Tshisekedi qui veut sortir 20 millions de Congolais de la pauvreté ou de l’extrême pauvreté.

Pour rappel, le dernier programme d’aide du FMI en faveur de la RDC remonte à 2012. Celui-ci, conclu en 2009 pour un montant de 560 millions $, avait été suspendu en raison d’un contrat minier jugé opaque, conclu entre le gouvernement de l’ancien président Joseph Kabila et une compagnie américaine domiciliée dans un paradis fiscal.

Moutiou Adjibi Nourou

11octobre 2019 

La Banque mondiale réduit ses perspectives de croissance 2019 et 2020 pour l'Afrique subsaharienne

(Agence Ecofin) - La Banque mondiale a réduit ses perspectives de croissance 2019 et 2020 pour l’Afrique subsaharienne. C’est ce qu’a indiqué l’institution, mercredi dernier, à l’occasion de la publication de la nouvelle édition de son Africa's Pulse Report.

La banque s’attend à une croissance économique de 2,6% pour l’année en cours. Si cette prévision reste élevée par rapport aux 2,5% enregistrés au cours de l’année 2018, elle s’affiche en baisse par rapport à la prévision de 2,8% de croissance annoncée par l’institution, en avril dernier.

Cette réduction est motivée par un climat économique mondial incertain ainsi que des réformes intérieures qui tardent à être mises en œuvre. Ce ralentissement devrait être induit par une timidité de la croissance dans trois des plus grandes économies d’Afrique subsaharienne (Nigeria, Afrique du Sud, Angola), malgré une croissance robuste dans plusieurs autres pays du sous-continent. Dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), riches en ressources, l’activité devrait croître à un rythme modéré à la faveur d’une hausse de la production de pétrole.

« Les économies africaines subissent, elles aussi, les contrecoups de la conjoncture internationale ; ce qui se traduit par une croissance modérée dans l’ensemble de la région », a indiqué Albert Zeufack (photo), économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. Et d’ajouter : « dans le même temps, la faiblesse de la croissance dans les pays d’Afrique est clairement corrélée à la faiblesse de la  gouvernance et, les responsables publics et les citoyens doivent placer la transparence et l’efficacité des institutions au cœur de leurs priorités ».

Notons que pour 2020, la croissance devrait atteindre 3,1% et s’accélérer à 3,2% en 2021 ; des chiffres inférieurs de 0,2 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’avril dernier.

Moutiou Adjibi Nourou

11 septembre 2019

Le kényan Equity Group cible une nouvelle acquisition dans le secteur bancaire de la RDC

(Agence Ecofin) - Equity Group Holdings a indiqué dans un communiqué, être entré en discussion non contraignante avec des actionnaires de la Banque commerciale du Congo (BCBD). Les noms des actionnaires concernés n'ont pas été dévoilés, mais le groupe financier kényan dit cibler avec cette initiative, une participation majoritaire.

Cela réduit les types d'actionnaires qui peuvent être impliqués dans ces discussions, à 2. Il y a d'une part l'Etat de la RDC qui compte 25,53% de participations au capital de la banque, et d'autre part, le groupe d'actionnariat constitué de George Arthur Forrest et de sa famille, qui début 2018, possédait 66,53% de parts. Les actionnaires restants de la banque, qui ne sont pas identifiés, ne comptent que pour un peu plus de 7%.

Si le processus aboutissait, ce sera la deuxième acquisition bancaire initiée avec succès par Equity Group en 2019, après avoir pris le contrôle des parts de la holding bancaire Atlas Mara, en avril dernier. Dans le même temps, ce sera sa deuxième acquisition bancaire en RDC, après le rachat en 2015 de ProCredit, actuelle Equity Bank Congo.

Le règlement de la transaction devrait se faire par cash, mais aucune information ne circule pour l'heure sur le montant qui sera payé aux actionnaires sortants. Des analystes estiment déjà que si le rachat est acté et qu'on a une fusion avec Equity Bank Congo, cela donnera naissance à la deuxième banque de RDC derrière la Rawbank. Le groupe kényan est ainsi en train de faire une percée dans le plus vieux des groupes bancaires du Congo démocratique.

Les origines de la Banque commerciale du Congo remontent à 1909, comme institution de financement au service de l'empire colonial belge. L’institution a survécu à tout ; notamment à la nationalisation quand le pays s’appelait Zaïre, aux nouvelles privatisations qui ont vu BNP Paribas entrer dans son capital via une de ses filiales et à la phase d'acquisition par la famille Forrest.

Pour Equity Group, cette acquisition est vitale. Le groupe bancaire ne parvient plus à générer des croissances fortes dans son principal marché qu'est le Kenya. Mais il faudra bien analyser le niveau de risque prix. BCDC affichait à fin 2017 (dernier rapport annuel disponible), un niveau de charges d'exploitation, représentant jusqu'à 70% de l'ensemble de ses revenus. Dans le même temps, la situation des banques congolaises bien que stable, est assez complexe, selon une récente analyse de Moody's.

 

Idriss Linge

21 août 2019

Angola: le gouvernement espère privatiser plus de 86% de ses compagnies publiques, d'ici 2020

 

(Agence Ecofin) - En Angola, le gouvernement envisage de privatiser 86% de ses compagnies publiques, d’ici 2020. C’est ce que rapporte l’agence de presse Macauhub, citant Vera Daves de Sousa (photo), secrétaire d'Etat aux Finances et au Trésor du gouvernement angolais.

Au cours de ladite période, l’Etat angolais aura cédé 171 de ses 195 entreprises publiques à des investisseurs privés. 80 d’entre elles devraient être cédées, d’ici à la fin de l’année en cours, tandis que 91 seront cédées l’année prochaine. La dernière vague de privatisation enregistrera la cession de 20 autres sociétés en 2021 et des quatre dernières de la liste en 2022.

D’après les autorités, ce plan entre dans le cadre du plan national de développement et de diversification de l’économie, initié par le gouvernement Joao Lourenço. Cela devrait permettre au gouvernement du deuxième producteur africain de pétrole, de limiter son ingérence dans l’économie au strict nécessaire, surtout dans le domaine industriel, afin de redonner un second souffle à une économie dominée par les influences du système soviétique depuis l’indépendance, en 1975.

Notons que de nombreux poids lourds de l’économie angolaise, tels que la compagnie pétrolière nationale Sonangol, la compagnie diamantaire Endiama et la compagnie aérienne TAAG ainsi que les banques BCI, BAI, BCGA et Banco Económico, seront impactés par la nouvelle mesure.

Moutiou Adjibi Nourou

07 mai 2019

La Zone de libre-échange continentale entrera en vigueur le 30 mai 2019

 

Vingt-deux membres de l'Union africaine ont ratifié l'accord prévoyant la création de la Zone de libre-échange continentale, signé le 21 mars 2018 par 49 États africains. Cette dernière verra le jour le 30 mai prochain, mais des règles doivent encore être précisées. La création de ce gigantesque marché de 1,2 milliard d’habitants sera ainsi lancée le 30 mai prochain.

Les experts de de l’Union africaine (UA) et les ministres africains du Commerce devront néanmoins se retrouver en juin à Kampala, en Ouganda, pour finaliser la mise en place des rouages de la Zone de libre-échange continentale (Zlec), La rencontre permettra également aux chefs d’État et de gouvernement de l’UA de lancer sa phase opérationnelle, à l’occasion de leur sommet extraordinaire du 7 juillet.

Les défis de la Zlec sont nombreux et importants, notamment l’abaissement des droits de douane et la simplification des procédures aux frontières. Celles-ci sont destinées à augmenter en dix ans les échanges intra-africains de 15% à 25% du commerce total du continent.

Reste néanmoins à définir le rythme et l’importance du désarmement douanier, et à préciser les produits qui en profiteront. La « règle d’origine » doit notamment encore être précisée, puisque pour bénéficier de l’exemption des taxes, un produit devra être majoritairement fabriqué avec des intrants africains dans une proportion encore inconnue.

Autres défis qui attendent la Zlec : démanteler les obstacles non tarifaires et organiser les paiements électroniques transfrontaliers.

D’autre part, la Zlec ne sera pas effective sans l’existence d’organes de dialogue, de surveillance et d’assistance technique qui contribueront à dissiper la méfiance que les pays les plus fragiles éprouveront inévitablement à son endroit. En priorité, un « Organe de règlement des différends » devra être mis en place pour trancher les conflits qui pourraient naître entre les membres. Le bon fonctionnement de ces rouages exigera également des budgets pérennes, dont le financement retenu (une taxe de 0,2% sur les importations du continent) n’est toujours pas acquis.

Par Alain Faujas  « Jeune Afrique Economie »

16 avril 2019

L'UE et le FMI mettront en place deux projets pour améliorer le climat des affaires en Afrique

(Agence Ecofin) - L’Union européenne (UE) et le FMI vont mettre en place deux projets conjoints pour améliorer le climat des affaires en Afrique. C’est ce qu’a indiqué un communiqué de la Commission européenne publié ce vendredi.

D’après le communiqué lesdits programmes devraient être dévoilés en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale à Washington. Ils seront accompagnés d’un financement de 10 millions d’euros de la part de l’UE pour l’assistance technique et le renforcement des capacités dans les pays africains.

« Il [ce financement ndlr] stimulera l'intégration régionale et les réformes de la gouvernance économique en Afrique, conformément à notre Alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables », a à cet effet indiqué Neven Mimica (photo), commissaire de l’UE chargé de la coopération internationale et du développement.

En février l’institution annonçait déjà un financement de 225 millions d’euros en faveur de 25 pays africains. Celui-ci devait permettre de renforcer la création d’emplois, la sécurité et l’intégration régionale.

Notons que l’UE est l’un des partenaires les plus importants du FMI dans sa stratégie de renforcement des capacités pour avoir notamment financé 50 % des contributions extérieures de l’institution entre 2016 et 2018.

Moutiou Adjibi Nourou

09 mars 2019

Comment le Japon veut contrer l'influence chinoise et occidentale en Afrique

(Agence Ecofin) - Le Japon envisage d’augmenter sa présence en Afrique pour contrer l’influence des Chinois et des pays occidentaux sur le continent. C’est ce qu’a annoncé ce jeudi le site d’information Nikkei Asian Review, citant des sources officielles.

D’après le média, cette nouvelle stratégie de l’Etat japonais passera par la création d’un conseil conjoint permanent entre le gouvernement et le secteur privé japonais. Celui-ci aura pour mission essentielle de promouvoir les investissements nippons sur le continent africain.

Une nouvelle conférence réunissant des responsables gouvernementaux et des hommes d’affaires africains devrait également être créée. Baptisée B-TICAD, elle devrait se réunir deux ou trois fois par an.

Les investissements japonais en Afrique restent marginaux face à de plus gros concurrents comme les chinois et les Etats-Unis. D’après les chiffres de la CNUCED publiés en 2015, le Japon investit par exemple sept fois moins en Afrique que les USA et six fois moins que la France. Il reste encore loin de la Chine, qui s’est imposée en 2017 comme le premier partenaire commercial de l’Afrique pour la 9ème année consécutive avec un volume d’échanges de 170 milliards $.

D’après Tokyo, plus de 440 sociétés japonaises seraient présentes en Afrique contre environ 10 000 entreprises chinoises répertoriées par le cabinet McKinsey. Pour faciliter l’installation de ses entreprises dans les pays du continent, le Japon envisage de nouveaux accords de coopération. Ceux-ci devraient s’axer sur des pactes bilatéraux d’investissement, des programmes d’exemptions fiscales et une amélioration de la sécurité.

Moutiou Adjibi Nourou

22 février  2019

Pont route-rail Brazzaville-Kinshasa : le coût du projet estimé à près de 270 milliards de FCFA

 

(Agence d’information d’Afrique centrale) Le coût du projet Pont route-rail a été dévoilé au cours de la première réunion du comité d’organisation de la table ronde des partenaires techniques et financiers, tenue le 19 février à Brazzaville.

Outre ce projet, la mobilisation des fonds servira aussi au financement du projet relatif au prolongement du chemin de fer Kinshasa-Ilébo (RDC) dont les rapports finaux des études sont disponibles depuis janvier 2017. À cela s’ajoutent le projet de la route Ouesso-Bangui-N'Djamena et celui de la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents Oubangui et Sangha dont le rapport provisoire d’avant-projet a été validé, lors du comité technique mixte tenu du 14 au 18 février, dans la capitale congolaise.

Représentant le secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la secrétaire générale adjointe, Marie Thérèse Chantal Mfoula, a renouvelé à la Banque africaine de développement (BAD) la demande d’appui à l’organisation de la table ronde de juin, en sa qualité de chef de file des bailleurs de fonds pour le financement des projets du Programme de développement des infrastructures en Afrique, dont font partie ces projets.

Par ailleurs, le représentant de la BAD, Auguste Karanga, a, pour sa part, souhaité que la mission de haut niveau de la CEEAC, annoncée pour la fin du mois de mai, soit dépêchée à leur siège d’Abidjan. Une occasion pour échanger sur les modalités pratiques d’organisation de cette table ronde et de fixer les limites ainsi que la consistance de l’appui requis par la CEEAC.

Saluant les résultats atteints après trois années d’études pour lesquelles la BAD a contribué en général à hauteur de plus de dix-huit millions de dollars, son représentant a indiqué : « Il me plait à ce niveau, de renouveler la volonté de la BAD d’accompagner la CEEAC et les Etats concernés dans la mobilisation des ressources nécessaires au financement de ces grands projets ».

Ajoutant : « la Banque a inscrit à son programme d’intervention en Afrique centrale pour les trois ans à venir ces deux grands projets mais ne saurait s’engager sur des montants précis pour l’heure ».

Présidant les travaux, la ministre du Plan, de la statistique et de l’intégration régionale, Ingrid Olga Ghislaine Eboucka Babakas, a déclaré que la mise en œuvre de ces projets permettra de créer de nouvelles opportunités d’emplois, promouvoir le commerce et les investissements frontaliers dans les domaines de l’industrie manufacturière, des grands travaux d’infrastructures, des services dont le tourisme.

Signalons que le ministre des Transports  et de la marine marchande, Fidèle Dimou, a pris part à cette rencontre. 

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