ACTUALITES & INF

 

04 décembre 2019

Consensus de Dakar

Six Chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest ont participé, ce 2 décembre 2019 à une conférence à Dakar sur le le thème « Développement durable et dette soutenable : trouver le juste équilibre ». Mis sous pression pour leur dette qui enfle, des pays africains ont décidé de dire leur façon de penser aux institutions internationales notamment celles des institutions de Bretton Woods.

La rencontre de Dakar fut organisée par le Sénégal, le FMI, l’ONU et le Cercle français des économistes. C'est par la voix du président Macky Sall que ce consensus a été porté à la connaissance des participants et de la communauté internationale. L'idée est « de faire en sorte que la conférence de Dakar contribue à faire converger une position de principe qui soit consensuelle sur un impératif délicat à savoir comment trouver le juste équilibre entre le développement durable et la dette soutenable ». Sept points ont été mis en avant par le président sénégalais au nom de ses homologues. Il s’agit de : mieux mobiliser les ressources domestiques ; améliorer la gouvernance des finances publiques et le climat des affaires ; prendre en compte les défis environnementaux et sécuritaires ; accélérer les investissements ; augmenter la valeur ajoutée des produits africains par une meilleure intégration dans les chaines de valeur ; combattre le caractère exagéré de la perception des risques en Afrique ; poursuivre la coopération entre pays africains, organismes bilatéraux et multilatéraux et secteur privé.  C’est à ces conditions que l’Afrique pourra avancer.

 

12 novembre 2019

RDC: un nouveau programme d'aide de 370 millions $ en négociation avec le FMI

 

(Agence Ecofin) - La République démocratique du Congo (RDC) est en négociation pour obtenir un financement de 370 millions $ de la part du Fonds monétaire international (FMI). C’est ce qu’a annoncé le week-end dernier, Déogratias Mutombo (photo), gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC).

Le nouveau programme consistera en une facilité de crédit rapide (FCR) dont la mise en œuvre fait l’objet d’une évaluation de la part des services du FMI. Ceux-ci devraient se rendre deux fois dans le pays d'Afrique centrale en décembre prochain pour évaluer la gouvernance des ministères, des entreprises publiques et de la Banque centrale.

« Autour du 16 décembre 2019, c’est-à-dire avant même la première évaluation qui est prévue à fin décembre, la RDC pourra bénéficier de la facilité de crédit rapide qui représentera au moins 25% de notre quote-part, un montant de plus ou moins 370 millions USD, soit un peu plus de 166 millions de DTS. Ce décaissement sera fait en une seule tranche au mois de décembre 2019 », a indiqué le gouverneur Mutombo.

Cette annonce intervient alors que la Banque mondiale a annoncé qu’elle était prête à accorder un financement de cinq milliards de dollars au pays, sur une période de cinq ans. Il servira à financer les réformes ambitieuses du président Félix Tshisekedi qui veut sortir 20 millions de Congolais de la pauvreté ou de l’extrême pauvreté.

Pour rappel, le dernier programme d’aide du FMI en faveur de la RDC remonte à 2012. Celui-ci, conclu en 2009 pour un montant de 560 millions $, avait été suspendu en raison d’un contrat minier jugé opaque, conclu entre le gouvernement de l’ancien président Joseph Kabila et une compagnie américaine domiciliée dans un paradis fiscal.

Moutiou Adjibi Nourou

11octobre 2019 

La Banque mondiale réduit ses perspectives de croissance 2019 et 2020 pour l'Afrique subsaharienne

(Agence Ecofin) - La Banque mondiale a réduit ses perspectives de croissance 2019 et 2020 pour l’Afrique subsaharienne. C’est ce qu’a indiqué l’institution, mercredi dernier, à l’occasion de la publication de la nouvelle édition de son Africa's Pulse Report.

La banque s’attend à une croissance économique de 2,6% pour l’année en cours. Si cette prévision reste élevée par rapport aux 2,5% enregistrés au cours de l’année 2018, elle s’affiche en baisse par rapport à la prévision de 2,8% de croissance annoncée par l’institution, en avril dernier.

Cette réduction est motivée par un climat économique mondial incertain ainsi que des réformes intérieures qui tardent à être mises en œuvre. Ce ralentissement devrait être induit par une timidité de la croissance dans trois des plus grandes économies d’Afrique subsaharienne (Nigeria, Afrique du Sud, Angola), malgré une croissance robuste dans plusieurs autres pays du sous-continent. Dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), riches en ressources, l’activité devrait croître à un rythme modéré à la faveur d’une hausse de la production de pétrole.

« Les économies africaines subissent, elles aussi, les contrecoups de la conjoncture internationale ; ce qui se traduit par une croissance modérée dans l’ensemble de la région », a indiqué Albert Zeufack (photo), économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. Et d’ajouter : « dans le même temps, la faiblesse de la croissance dans les pays d’Afrique est clairement corrélée à la faiblesse de la  gouvernance et, les responsables publics et les citoyens doivent placer la transparence et l’efficacité des institutions au cœur de leurs priorités ».

Notons que pour 2020, la croissance devrait atteindre 3,1% et s’accélérer à 3,2% en 2021 ; des chiffres inférieurs de 0,2 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’avril dernier.

Moutiou Adjibi Nourou

11 septembre 2019

Le kényan Equity Group cible une nouvelle acquisition dans le secteur bancaire de la RDC

(Agence Ecofin) - Equity Group Holdings a indiqué dans un communiqué, être entré en discussion non contraignante avec des actionnaires de la Banque commerciale du Congo (BCBD). Les noms des actionnaires concernés n'ont pas été dévoilés, mais le groupe financier kényan dit cibler avec cette initiative, une participation majoritaire.

Cela réduit les types d'actionnaires qui peuvent être impliqués dans ces discussions, à 2. Il y a d'une part l'Etat de la RDC qui compte 25,53% de participations au capital de la banque, et d'autre part, le groupe d'actionnariat constitué de George Arthur Forrest et de sa famille, qui début 2018, possédait 66,53% de parts. Les actionnaires restants de la banque, qui ne sont pas identifiés, ne comptent que pour un peu plus de 7%.

Si le processus aboutissait, ce sera la deuxième acquisition bancaire initiée avec succès par Equity Group en 2019, après avoir pris le contrôle des parts de la holding bancaire Atlas Mara, en avril dernier. Dans le même temps, ce sera sa deuxième acquisition bancaire en RDC, après le rachat en 2015 de ProCredit, actuelle Equity Bank Congo.

Le règlement de la transaction devrait se faire par cash, mais aucune information ne circule pour l'heure sur le montant qui sera payé aux actionnaires sortants. Des analystes estiment déjà que si le rachat est acté et qu'on a une fusion avec Equity Bank Congo, cela donnera naissance à la deuxième banque de RDC derrière la Rawbank. Le groupe kényan est ainsi en train de faire une percée dans le plus vieux des groupes bancaires du Congo démocratique.

Les origines de la Banque commerciale du Congo remontent à 1909, comme institution de financement au service de l'empire colonial belge. L’institution a survécu à tout ; notamment à la nationalisation quand le pays s’appelait Zaïre, aux nouvelles privatisations qui ont vu BNP Paribas entrer dans son capital via une de ses filiales et à la phase d'acquisition par la famille Forrest.

Pour Equity Group, cette acquisition est vitale. Le groupe bancaire ne parvient plus à générer des croissances fortes dans son principal marché qu'est le Kenya. Mais il faudra bien analyser le niveau de risque prix. BCDC affichait à fin 2017 (dernier rapport annuel disponible), un niveau de charges d'exploitation, représentant jusqu'à 70% de l'ensemble de ses revenus. Dans le même temps, la situation des banques congolaises bien que stable, est assez complexe, selon une récente analyse de Moody's.

 

Idriss Linge

21 août 2019

Angola: le gouvernement espère privatiser plus de 86% de ses compagnies publiques, d'ici 2020

 

(Agence Ecofin) - En Angola, le gouvernement envisage de privatiser 86% de ses compagnies publiques, d’ici 2020. C’est ce que rapporte l’agence de presse Macauhub, citant Vera Daves de Sousa (photo), secrétaire d'Etat aux Finances et au Trésor du gouvernement angolais.

Au cours de ladite période, l’Etat angolais aura cédé 171 de ses 195 entreprises publiques à des investisseurs privés. 80 d’entre elles devraient être cédées, d’ici à la fin de l’année en cours, tandis que 91 seront cédées l’année prochaine. La dernière vague de privatisation enregistrera la cession de 20 autres sociétés en 2021 et des quatre dernières de la liste en 2022.

D’après les autorités, ce plan entre dans le cadre du plan national de développement et de diversification de l’économie, initié par le gouvernement Joao Lourenço. Cela devrait permettre au gouvernement du deuxième producteur africain de pétrole, de limiter son ingérence dans l’économie au strict nécessaire, surtout dans le domaine industriel, afin de redonner un second souffle à une économie dominée par les influences du système soviétique depuis l’indépendance, en 1975.

Notons que de nombreux poids lourds de l’économie angolaise, tels que la compagnie pétrolière nationale Sonangol, la compagnie diamantaire Endiama et la compagnie aérienne TAAG ainsi que les banques BCI, BAI, BCGA et Banco Económico, seront impactés par la nouvelle mesure.

Moutiou Adjibi Nourou

07 mai 2019

La Zone de libre-échange continentale entrera en vigueur le 30 mai 2019

 

Vingt-deux membres de l'Union africaine ont ratifié l'accord prévoyant la création de la Zone de libre-échange continentale, signé le 21 mars 2018 par 49 États africains. Cette dernière verra le jour le 30 mai prochain, mais des règles doivent encore être précisées. La création de ce gigantesque marché de 1,2 milliard d’habitants sera ainsi lancée le 30 mai prochain.

Les experts de de l’Union africaine (UA) et les ministres africains du Commerce devront néanmoins se retrouver en juin à Kampala, en Ouganda, pour finaliser la mise en place des rouages de la Zone de libre-échange continentale (Zlec), La rencontre permettra également aux chefs d’État et de gouvernement de l’UA de lancer sa phase opérationnelle, à l’occasion de leur sommet extraordinaire du 7 juillet.

Les défis de la Zlec sont nombreux et importants, notamment l’abaissement des droits de douane et la simplification des procédures aux frontières. Celles-ci sont destinées à augmenter en dix ans les échanges intra-africains de 15% à 25% du commerce total du continent.

Reste néanmoins à définir le rythme et l’importance du désarmement douanier, et à préciser les produits qui en profiteront. La « règle d’origine » doit notamment encore être précisée, puisque pour bénéficier de l’exemption des taxes, un produit devra être majoritairement fabriqué avec des intrants africains dans une proportion encore inconnue.

Autres défis qui attendent la Zlec : démanteler les obstacles non tarifaires et organiser les paiements électroniques transfrontaliers.

D’autre part, la Zlec ne sera pas effective sans l’existence d’organes de dialogue, de surveillance et d’assistance technique qui contribueront à dissiper la méfiance que les pays les plus fragiles éprouveront inévitablement à son endroit. En priorité, un « Organe de règlement des différends » devra être mis en place pour trancher les conflits qui pourraient naître entre les membres. Le bon fonctionnement de ces rouages exigera également des budgets pérennes, dont le financement retenu (une taxe de 0,2% sur les importations du continent) n’est toujours pas acquis.

Par Alain Faujas  « Jeune Afrique Economie »

16 avril 2019

L'UE et le FMI mettront en place deux projets pour améliorer le climat des affaires en Afrique

(Agence Ecofin) - L’Union européenne (UE) et le FMI vont mettre en place deux projets conjoints pour améliorer le climat des affaires en Afrique. C’est ce qu’a indiqué un communiqué de la Commission européenne publié ce vendredi.

D’après le communiqué lesdits programmes devraient être dévoilés en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale à Washington. Ils seront accompagnés d’un financement de 10 millions d’euros de la part de l’UE pour l’assistance technique et le renforcement des capacités dans les pays africains.

« Il [ce financement ndlr] stimulera l'intégration régionale et les réformes de la gouvernance économique en Afrique, conformément à notre Alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables », a à cet effet indiqué Neven Mimica (photo), commissaire de l’UE chargé de la coopération internationale et du développement.

En février l’institution annonçait déjà un financement de 225 millions d’euros en faveur de 25 pays africains. Celui-ci devait permettre de renforcer la création d’emplois, la sécurité et l’intégration régionale.

Notons que l’UE est l’un des partenaires les plus importants du FMI dans sa stratégie de renforcement des capacités pour avoir notamment financé 50 % des contributions extérieures de l’institution entre 2016 et 2018.

Moutiou Adjibi Nourou

09 mars 2019

Comment le Japon veut contrer l'influence chinoise et occidentale en Afrique

(Agence Ecofin) - Le Japon envisage d’augmenter sa présence en Afrique pour contrer l’influence des Chinois et des pays occidentaux sur le continent. C’est ce qu’a annoncé ce jeudi le site d’information Nikkei Asian Review, citant des sources officielles.

D’après le média, cette nouvelle stratégie de l’Etat japonais passera par la création d’un conseil conjoint permanent entre le gouvernement et le secteur privé japonais. Celui-ci aura pour mission essentielle de promouvoir les investissements nippons sur le continent africain.

Une nouvelle conférence réunissant des responsables gouvernementaux et des hommes d’affaires africains devrait également être créée. Baptisée B-TICAD, elle devrait se réunir deux ou trois fois par an.

Les investissements japonais en Afrique restent marginaux face à de plus gros concurrents comme les chinois et les Etats-Unis. D’après les chiffres de la CNUCED publiés en 2015, le Japon investit par exemple sept fois moins en Afrique que les USA et six fois moins que la France. Il reste encore loin de la Chine, qui s’est imposée en 2017 comme le premier partenaire commercial de l’Afrique pour la 9ème année consécutive avec un volume d’échanges de 170 milliards $.

D’après Tokyo, plus de 440 sociétés japonaises seraient présentes en Afrique contre environ 10 000 entreprises chinoises répertoriées par le cabinet McKinsey. Pour faciliter l’installation de ses entreprises dans les pays du continent, le Japon envisage de nouveaux accords de coopération. Ceux-ci devraient s’axer sur des pactes bilatéraux d’investissement, des programmes d’exemptions fiscales et une amélioration de la sécurité.

Moutiou Adjibi Nourou

22 février  2019

Pont route-rail Brazzaville-Kinshasa : le coût du projet estimé à près de 270 milliards de FCFA

 

(Agence d’information d’Afrique centrale) Le coût du projet Pont route-rail a été dévoilé au cours de la première réunion du comité d’organisation de la table ronde des partenaires techniques et financiers, tenue le 19 février à Brazzaville.

Outre ce projet, la mobilisation des fonds servira aussi au financement du projet relatif au prolongement du chemin de fer Kinshasa-Ilébo (RDC) dont les rapports finaux des études sont disponibles depuis janvier 2017. À cela s’ajoutent le projet de la route Ouesso-Bangui-N'Djamena et celui de la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents Oubangui et Sangha dont le rapport provisoire d’avant-projet a été validé, lors du comité technique mixte tenu du 14 au 18 février, dans la capitale congolaise.

Représentant le secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la secrétaire générale adjointe, Marie Thérèse Chantal Mfoula, a renouvelé à la Banque africaine de développement (BAD) la demande d’appui à l’organisation de la table ronde de juin, en sa qualité de chef de file des bailleurs de fonds pour le financement des projets du Programme de développement des infrastructures en Afrique, dont font partie ces projets.

Par ailleurs, le représentant de la BAD, Auguste Karanga, a, pour sa part, souhaité que la mission de haut niveau de la CEEAC, annoncée pour la fin du mois de mai, soit dépêchée à leur siège d’Abidjan. Une occasion pour échanger sur les modalités pratiques d’organisation de cette table ronde et de fixer les limites ainsi que la consistance de l’appui requis par la CEEAC.

Saluant les résultats atteints après trois années d’études pour lesquelles la BAD a contribué en général à hauteur de plus de dix-huit millions de dollars, son représentant a indiqué : « Il me plait à ce niveau, de renouveler la volonté de la BAD d’accompagner la CEEAC et les Etats concernés dans la mobilisation des ressources nécessaires au financement de ces grands projets ».

Ajoutant : « la Banque a inscrit à son programme d’intervention en Afrique centrale pour les trois ans à venir ces deux grands projets mais ne saurait s’engager sur des montants précis pour l’heure ».

Présidant les travaux, la ministre du Plan, de la statistique et de l’intégration régionale, Ingrid Olga Ghislaine Eboucka Babakas, a déclaré que la mise en œuvre de ces projets permettra de créer de nouvelles opportunités d’emplois, promouvoir le commerce et les investissements frontaliers dans les domaines de l’industrie manufacturière, des grands travaux d’infrastructures, des services dont le tourisme.

Signalons que le ministre des Transports  et de la marine marchande, Fidèle Dimou, a pris part à cette rencontre. 

Lopelle Mboussa Gassia

13 février 2019

Afrique du Sud : Ramaphosa confirme la scission d’Eskom en trois entités distinctes

 

(Agence Ecofin) - C’est confirmé, Eskom, la compagnie électrique sud-africaine sera divisée en trois entités distinctes en charge de la génération, de la transmission et de la distribution électrique. Cyril Ramaphosa (photo), le président de la République qui a fait cette annonce lors d’une adresse à la nation, a affirmé que chacune des entités aura un coût de fonctionnement isolé, ce qui permettra à Eskom de lever plus de fonds pour ses différentes opérations.

« Il est important que nous prenions ces mesures sans délai afin de préserver et de stabiliser les finances d’Eskom et de sécuriser la fourniture électrique tout en posant les bases d’une durabilité à long terme.», a affirmé le président lors de son discours à la nation.

Des consultations seront effectuées avec les différentes parties prenantes afin de mettre en place les détails de cette scission tout en sauvegardant les intérêts des personnes qui pourraient en être affectées.

En effet, cette solution adoptée par le gouvernement, soulève des appréhensions au niveau des employés notamment qui craignent une réduction de leur nombre qui a d’ailleurs déjà commencé par les hauts cadres.

Rappelons que la compagnie électrique qui est en proie à des difficultés financières et managériales particulièrement tenaces, a une dette extérieure qui s’établit à près 30 milliards $.

Gwladys Johnson Akinocho

 

 

23 janvier 2019

40 milliards $ d’investissements directs étranger annoncés pour l’Afrique en 2018, mais avec de gros défis sous-jacents

 

 

(Agence Ecofin) - Le flux des investissements directs étrangers ciblant l'Afrique a atteint en 2018 le montant de 40 milliards $ représentant une hausse de 6% sur une base de comparaison annuelle. C'est la meilleure performance de progression de l'année, juste devant le groupe des pays asiatiques en développement (+5%), note-t-on des indicateurs préliminaires fournis par la CNUCED.

Mais cet indicateur cache une réalité moins réjouissante. Le continent africain, malgré ses 54 pays indépendants et des puissances économiques comme le Nigéria, l'Angola, l'Egypte ou encore l'Afrique du sud, reste la dernière région du monde en terme de cible par des IDE.

Ainsi, même si les investisseurs internationaux ont perdu confiance dans les pays développés (une baisse de 40% des IDE ciblant leurs régions), l'Asie (502 milliards $ attirés et +5%) a été une fois encore la zone alternative préférée.

Ce qu'on note aussi, c'est que les pays africains eux-mêmes ont moins investi sur le continent et que les investissements sur de nouveaux projets y ont baissé à 69 milliards $, marquant le repli le plus fort du domaine (-19%).

Toutefois, l’Egypte avec 7,9 milliards $ d’IDE reçus, en hausse de 7% comparé à 2017, demeure la première destination des investissements étrangers ciblant l’Afrique.

L’Afrique du sud a réalisé le plus gros retournement, en recevant 7,1 milliards $ d’IDE, alors que ces trois dernières années, elle avait chuté et n’avait reçu que 1,7 milliard $ en 2017.

Par contre, le Nigéria, avec seulement 2,2 milliards $ d’investissement reçus (en baisse de 36%) et l’Angola, avec un désinvestissement net de 2,2 milliards $, sont le symbole d’une Afrique qui peine à séduire. Des défis de change, des économies morcelées et une intégration économique continentale faible, sont autant de raisons de blocages et d’incertitudes pour les détenteurs de capitaux.

Idriss Linge

27 décembre 2018

La CEA et l'UE concluent un accord pour soutenir la mise en place de la zone de libre échange continentale africaine  

 

(Agence Ecofin) - La commission économique des nations-unies pour l’Afrique (CEA) et l’union européenne (UE) ont signé un accord d’environ 3 millions d’euros pour appuyer la réalisation de la zone de libre échange continentale africaine (ZLECA).

D’après un communiqué relayé par le site d’information African Business Communities, ce nouvel accord devrait permettre aux deux institutions de soutenir les stratégies nationales au sein de chacun des pays ayant adhéré à l’accord de la ZLECA, en mettant un accent particulier sur le numérique.

« Les ODD (objectifs du développement durable, ndlr) exigent que nous fassions passer le développement à l'ère numérique. Nous devons également intégrer le continent numériquement pour que l'Afrique soit plus diversifiée et plus prospère » a, à cet effet, déclaré Vera Songwe (photo), Secrétaire exécutive de la CEA.

Notons que la création d’un observatoire du commerce africain, visant à devenir l’un des piliers de la ZLECA, est également prévue.

Moutiou Adjibi Nourou

04 décembre 2018

L'Ethiopie devient le premier pourvoyeur de trafic aérien vers l'Afrique

 

(Agence Ecofin) - Un nouveau record pour le secteur du transport aérien éthiopien. En effet, le pays vient de surclasser Dubaï en tant que premier pourvoyeur du trafic aérien vers l’Afrique.

D’après un document du cabinet FowardKeys publié ce mercredi, l’aéroport d’Addis-Abeba a enregistré une hausse de 85% du nombre de passagers en transfert international vers l’Afrique subsaharienne entre 2013 et 2017, contre 31% pour Dubaï.

Pour l’année 2018, la capitale est-africaine a enregistré une hausse 18% de son nombre de voyageurs vers l’Afrique contre 3% pour Dubaï, ravissant ainsi à son concurrent émirati la place de première plaque tournante des vols à destination du continent.

Dans un contexte africain de plus en plus marqué par des initiatives visant à « ouvrir le ciel africain aux Africains » pour booster le trafic intracontinental, cette annonce souligne le résultat des efforts engagés par le gouvernement éthiopien pour améliorer ce trafic.

Il y a quelques semaines, le premier ministre Abiy Ahmed annonçait l’instauration d’un système de visa à l’arrivée pour tous les Africains voyageant à destination de l’Ethiopie, et le rétablissement des lignes aériennes à destination de l’Erythrée et de la Somalie.

Et avec le boost récent des activités d’Ethiopian Airlines, le pays est bien parti pour consolider sa place de leader africain dans le secteur pour plusieurs années encore.

Moutiou Adjibi Nourou

09 novembre 2018

Congo - RDC : le pont entre Kinshasa et Brazzaville, bientôt une réalité ?

(Africanews) Le Congo et la RDC ont signé ce mercredi un accord pour la construction d’un pont entre Kinshasa et Brazzaville. Les deux capitales les plus proches du monde en passe de devenir deux métropoles « siamoises » que l’humanité ait jamais connues.

L’accord a été signé par des responsables des deux pays en marge d’un forum sur l’investissement organisé par la Banque africaine de développement ce mercredi à Johannesburg en Afrique du Sud. Ainsi que l’a annoncé Bloomberg.

Dans un communiqué conjoint lu devant la presse, les deux Congo indiquent que le projet coûtera environ 315 milliards de francs CFA (550 millions de dollars). L’ouvrage qui mesurera près de 1575 mètres sera un pont à péage constitué d’une voie ferrée, d’une route et d’un trottoir.

Jusqu’ici, pas d’informations précises sur l’origine des fonds, alors qu’en dépit de bonnes perspectives, les deux pays, encore plus le Congo-Brazzaville, font face à une sévère crise économique du fait de l’effondrement des cours des matières premières.

Kinshasa et Brazzaville, sont séparés par le fleuve Congo et les déplacements entre les deux villes ne sont actuellement possibles qu’en bateau ou en avion.

Ce projet laisse déjà entrevoir de nombreuses retombées économiques. « Le projet permettra aux deux pays de développer des zones économiques spéciales de part et d’autre du pont », a par exemple souligné Jean-Jacques Bouya, ministre congolais (Brazzaville) de l’Aménagement, de l‘Équipement du territoire et des Grands Travaux.

Sans oublier les échanges culturels. Langues nationales, dialectes, traditions, us et coutumes, histoire, anthropologie, …. Sur le plan culturel, les deux pays ont quasiment tout ou presque en commun. « Kinshasa – Brazza ezali mboka moko. Kaka ébalé ekabola biso » (Kinshasa et Brazzaville constituent une seule ville. Seul le fleuve (Congo) nous sépare), chantait en 1987, le musicien zaïrois Adrien Mombele Ngantshie dit Strevos Niarcos.

Du fond de son linceul, celui qu’on appelait « Pape de la sape » doit se féliciter de ce que les choses commencent à se préciser quant à la matérialisation de son rêve.

Le rêve de voir les deux capitales les plus proches du monde se rapprocher davantage pour cimenter leur unité sur le fil des eaux du majestueux et puissant fleuve Congo.

John Ndinga Ngoma

31 octobre 2018

Après le Rwanda, c’est au tour de l’Ethiopie d’instituer un visa à l’arrivée pour tous les citoyens africains

 

(Agence Ecofin) - A compter du 9 novembre prochain, tous les citoyens africains pourront désormais obtenir leur visa dès leur arrivée sur le sol éthiopien. L’annonce a été faite par le gouvernement éthiopien, à travers un communiqué rendu public lundi 29 octobre 2018.

Après le Rwanda, c’est désormais au tour de l’Ethiopie d’effectuer une importante réforme dans sa procédure d’obtention de visa et de faire la promotion de la libre circulation en Afrique.

Pour le directeur de cabinet du premier ministre éthiopien, Fitsum Arega, la politique de visa à l’arrivée pour les visiteurs africains était conforme à la vision du nouveau Premier ministre Abiy Ahmed qui fait l’éloge d’une intégration plus étroite et complète sur le continent.

La nation éthiopienne espère qu’à travers cette initiative, l’intégration économique de l’Afrique sera facilitée en hissant l’abondance touristique à un niveau supérieur et en faisant progresser le tourisme de conférence. La capitale Addis-Abeba est l’un des plus grands centres diplomatiques au monde, abritant en son sein, le siège de l’Union africaine, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et des dizaines d’ambassades étrangères.

Par ailleurs, l’Union africaine espère consacrer la libre circulation des personnes, mais aussi le droit de résidence et le droit d’établissement, à travers le continent d’ici 2023, dans le cadre de l’accord de libre-échange continental. 

Flore Kacou

25 septembre 2018

Mines d’or : le numéro un mondial Barrick fusionne avec l’africain Randgold

 

(Jeune Afrique Eco) Le 24 septembre, les dirigeants des deux entreprises ont annoncé la fusion de Barrick avec Randgold, rendu possible par un accord d’échange d’actions. Celui-ci valorise Randgold à plus de 6 milliards de dollars, afin de créer le plus grand producteur d’or au monde. La capitalisation boursière combinée des deux groupes atteint de 18 milliards de dollars, selon le Financial Times.

Les actionnaires de Barrick, dont le siège social est à Toronto, détiendront environ 66,6 % des actions de la nouvelle société, qui regroupera les mines africaines de Randgold et les possessions de Barrick sur le continent américain. Cette nouvelle entité aura sous son contrôle plusieurs mines d’or parmi les plus grandes et les plus rentables au monde. Figurent notamment Kibali (RDC) et Loulo-Gounkoto (Mali) de Randgold, ainsi que Cortez et Goldstrike de Barrick (Nevada, États-Unis).

Barrick est premier producteur mondial d’or

Barrick est le premier producteur d’or à l’échelle mondial en 2017, avec 5,32 millions d’onces en 2017, talonné par Newmont avec 5,27 millions d’onces, d’après MINING.com. La production du groupe a chuté d’un tiers en une décennie. Exclusivement africain, Randgold arrivait en deuxième position sur le continent en 2016, avec 1,25 millions d’onces, derrière AngloGold Ashanti, selon les données compilées par Jeune Afrique.

En Afrique, Barrick est présent en Tanzanie via sa filiale Acacia Mining. Le groupe canadien possède également une mine de cuivre en Zambie. Les activités de Randgold sont situées en Afrique francophone, le groupe possédant des mines en exploitation au Mali, en Côte d’Ivoire et en RDC. Un projet est en développement au Sénégal.

Un contexte morose pour les deux groupes

Dans un contexte le prix de l’or a chuté de plus 9 % depuis le début de l’année, le cours des actions de Barrick a reculé de 25 % . La filiale de Barrick, Acacia Mining, s’était vue imposer en juillet 2017 en Tanzanie le plus grand redressement fiscal de tous les temps :  pas moins de 190 milliards de dollars (135,3 milliards d’euros), dont 40 milliards de dollars d’impôts impayés sur des exportations dissimulées, et 150 milliards de pénalités de retard. Les négociations avec le gouvernement tanzanien sont toujours au point mort.

Du côté de Randgold Ressources, le prix des actions de l’entreprise a baissé de 30 % depuis janvier 2018, fortement impactée par des grèves sur ses mines ivoiriennes et maliennes, ainsi que la mise en œuvre d’un nouveau code minier en RDC moins favorable aux investisseurs étrangers.

24 septembre 2018

Les Etats-Unis vont créer une institution financière dotée de 60 milliards $ pour contrer l’influence de la Chine dans les pays en développement

 

(Agence Ecofin) - Les États-Unis se préparent à lancer une nouvelle institution de financement du développement (IFD) capable d’investir 60 milliards de dollars dans les pays en développement pour  tenter d’y contrer l’influence grandissante de la Chine dans un contexte de durcissement de la rivalité économique entre les deux grandes puissances, a rapporté le quotidien financier britannique Financial Times le 23 septembre.

L’Overseas Private Investment Corporation (OPIC), l'actuelle institution de financement du développement du gouvernement américain, sera intégrée à la nouvelle entité et autorisée à investir dans des actions. À l'heure actuelle, l’OPIC ne peut investir que dans la dette, ce qui la désavantage  par rapport aux  institutions chinoises et européennes de financement du développement.

«La nouvelle institution américaine de financement du développement  sera ainsi placée sur un pied d’égalité avec les autres institutions de financement du développement», a déclaré le président et directeur général de l’OPIC, Ray Washburne (photo), cité par le Financial Times.  

Le dirigeant de l’OPIC a également estimé que Chine livre une nouvelle forme de guerre économique aux Etats-Unis en s’appuyant sur sa diplomatie du portefeuille.

«En utilisant une politique connue sous l’appellation de prêter pour posséder (loan-to-own program), la Chine rend des pays enchaînés par la dette et,  par conséquent, très dépendants d’elle.  Cela équivaut à une guerre économique», a-t-il souligné.

La nouvelle institution de financement du développement du gouvernement des Etats-Unis sera baptisée la Société américaine de financement du développement international (International Development Finance Corporation/ US IDFC).

Selon des sources proches du dossier citées par le Financial Times, cette nouvelle entité est présentée par l’administration américaine comme étant «le fer de lance de la lutte contre la diplomatie de la dette chinoise».

En août dernier, seize  sénateurs américains ont adressé au secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, une lettre dans laquelle ils déplorent le fait que le Fonds monétaire international (FMI) se trouve souvent obligé  de voler au secours de certains pays dont les finances publiques ont été grevées par des «prêts prédateurs chinois destinés à financer des projets d’infrastructures».

Les Sénateurs se sont aussi inquiétés du fait que les prêts servis à tour de bras par l’Empire du  Milieu à Djibouti pourraient permettre à Pékin de prendre le contrôle du  principal port de ce pays de la Corne de l’Afrique, où les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la France disposent déjà de bases militaires.

La mise en place programmée la Société américaine de financement du développement international intervient alors que Pékin multiplie ses investissements dans les pays en développement, et plus particulièrement en Afrique.  La Chine a en effet annoncé le 3 septembre dernier qu’elle allait accorder 60 milliards de dollars supplémentaires de financements à des pays africains. Cette enveloppe comprend des lignes de crédit évaluées à 20 milliards de dollars, 15 milliards de dollars en subventions, prêts sans intérêt et prêts concessionnels, 10 milliards de dollars au titre d’un fonds spécial et 5 milliards de dollars pour soutenir les importations en provenance de l'Afrique.

Autant dire que le continent africain se positionne de plus en plus comme un nouveau front dans la guerre économique entre  Pékin et Washington.

13 septembre 2018

Jean-Claude Juncker appelle à une « une nouvelle alliance » entre l’UE et l’Afrique, avec à la clé 10 millions d’emplois sur cinq ans

 

(Agence Ecofin) - Dans son discours sur l’état de l’Union européenne (UE), prononcé ce mercredi 12 septembre 2018, devant le Parlement de Strasbourg, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (photo), a appelé à l’avènement d’une nouvelle étape dans les relations entre l’Europe et le continent africain ; proposant ainsi une nouvelle « alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables » afin de stimuler considérablement les investissements en Afrique, de renforcer les échanges, de créer des emplois et d'investir dans l'éducation et les compétences.

« L'Afrique n'a pas besoin de charité »

Dans un monde en profonde mutation, Jean-Claude Juncker estime que « les alliés d’hier ne seront peut-être plus les alliés de demain ». D’où la nécessité d’une Europe plus tournée vers l’Afrique.

« L’Afrique n’a pas besoin de charité, elle a besoin de partenariats justes et équitables. Nous proposons une nouvelle alliance pour l’investissement durable et l’emploi entre l’Europe et l’Afrique, qui devrait permettre de créer jusqu’à 10 millions d’emplois en Afrique, au cours des cinq prochaines années seulement. Je pense que nous devrions développer les nombreux accords commerciaux UE-Afrique en un accord de libre-échange de continent à continent, en tant que partenariat économique entre égaux », a-t-il déclaré.

Pour sa part, la vice-présidente de la commission de l’UE, Federica Mogherini, a estimé que « l’Europe et l’Afrique partagent de nombreux intérêts. Nous voulons tous les deux une Afrique plus forte, des emplois de qualité pour les jeunes, un meilleur climat des affaires et la paix et la sécurité pour tous ».

Ajoutant : « Nous avons commencé à construire un véritable partenariat d'égal à égal avec l'Afrique. Nous sommes déjà des partenaires politiques solides, la prochaine étape consiste à être de véritables partenaires économiques et à approfondir nos relations commerciales et d'investissement ».

Des résultats concrets

Selon un communiqué de la Commission européenne, ce nouveau partenariat entre l’Afrique et l’Europe va s’articuler autour d’une série d’actions clés.

Il s’agira essentiellement de stimuler l'investissement stratégique et renforcer le rôle du secteur privé, d’investir dans l’éducation et le développement des compétences et d’aider à renforcer l'environnement des entreprises et le climat des affaires. Mais également d’exploiter pleinement le potentiel de l'intégration économique et du commerce, notamment en s'appuyant sur la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine.

Enfin, il est question de mobiliser un ensemble important de ressources financières, « comme en témoigne notamment la proposition ambitieuse du futur cadre financier pluriannuel de l'UE sur le financement extérieur, où l'Afrique est considérée comme une région prioritaire ».

Par ailleurs, avec le soutien financier de l'UE, 35 000 étudiants et universitaires africains bénéficieront du programme Erasmus + d’ici 2020. En 2027, 70 000 autres en bénéficieront, pour un total de 105 000, en dix ans.

En outre, 750 000 personnes recevront une formation professionnelle pour le développement des compétences. Tandis que 30 millions de personnes et d'entreprises bénéficieront de l'accès à l'électricité, grâce aux investissements de l'UE dans les énergies renouvelables et à une capacité de production accrue de 5 GW.

Toujours selon la Commission, ce sont 24 millions d’Africains qui auront accès à des routes toutes saisons, grâce à des investissements dans les infrastructures de transport.

Egalement, 3,2 millions d'emplois devraient être créés en Afrique dans le cadre du plan d'investissement externe, uniquement grâce aux programmes d'investissement axés sur les petites et moyennes entreprises. Tandis qu’avec une garantie de 75 millions d'euros, un programme d'investissement unique issu du plan d'investissement externe générera 800 000 emplois.

A cet effet, la Commission fait remarquer que des consultations et un dialogue avec les partenaires africains seront organisés dans les mois à venir pour définir conjointement les priorités et prendre des mesures supplémentaires.

30 août 2018

Selon Houlin Zhao, SG de l’UIT, la coopération TIC entre la Chine et l’Afrique sera davantage renforcée

 

(Agence Ecofin) - Le secrétaire général de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), Houlin Zhao (photo), a affirmé que la coopération TIC entre la Chine et l’Afrique sera davantage renforcée dans le futur.

Lors d’un entretien accordé  à Xinhua, le grand patron de l’agence onusienne a déclaré que cette question sera d’ailleurs à l’ordre du jour lors du Sommet de Beijing 2018 du Forum sur la coopération Sino-africaine, prévu du 3 au 4 septembre 2018 en China.

Pour Houlin Zhao qui s’exprimait sur la question en prélude à la rencontre internationale, la consolidation de la coopération TIC entre la Chine et l’Afrique est justifiée par le fait qu’ « actuellement, de nombreux pays africains ont placé la construction d'infrastructures TIC dans une position stratégique, fixant des objectifs spécifiques à court terme ».

Pour le SG de l’UIT qui estime que l’Afrique reste globalement dans une phase de développement majeure avec un potentiel énorme, similaire à la trajectoire de la Chine il y a plusieurs décennies, le soutien technologique dont a besoin le continent pour émerger est une préoccupation fondamentale.

Pour Houlin Zhao, l’Afrique a beaucoup à apprendre de la Chine -sur le plan de la formation, de la technologie, des infrastructures, etc - pour faire des TIC un pilier de la croissance pour les prochaines années.

Le secrétaire général de l’UIT laisse entendre que compte tenu de l’impact du haut débit sur le PIB et de celui des autres segments sur l’amélioration des conditions de vie des populations, l’appui de la Chine à l’Afrique revêt donc un enjeu stratégique.

10 août 2018

Dakar prend la route de Pékin

(Jeune Afrique Eco) Le Sénégal a donc profité de la visite d’État du président chinois Xi Jinping le 21 juillet dernier pour intégrer officiellement le club prisé des pays africains (Maroc, Tunisie, Égypte, Djibouti, Éthiopie, Kenya, Madagascar et Afrique du Sud) parties prenantes du monumental projet « Une ceinture, une route ».

S’il reste encore à bien des égards assez vague dans ses réalisations concrètes, l’ambition promue est le déploiement de nouvelles routes commerciales sur terre (rail) comme sur mer entre l’Asie et l’Europe. Il n’a pourtant échappé à personne que Dakar n’est pas vraiment le chemin le plus court pour relier Londres à Pékin.

Comme le relève la chercheuse Yunnan Chen dans son dernier rapport pour l’Université John Hopkins « Une ceinture, une route » induit en réalité « un changement dans l’engagement économique de la Chine en Afrique […] à travers un accent plus important mis sur les infrastructures, la coopération industrielle et la connectivité », mais aussi une « stratification dans l’engagement politique sur le continent, augmentant l’importance géopolitique de certains pays par rapport à d’autres ».

Il apparaît de plus en plus clair que ce projet va peu à peu devenir le nouveau cadre de l’intervention économique et politique de l’Empire du milieu sur le continent. Et Dakar, sans crier gare, a su s’y introduire intelligemment.

Julien Wagner

24 juillet 2018

Les difficultés d’embarquement au port de Douala ralentissent les exportations du bois camerounais, congolais et gabonais

(Agence Ecofin) - Dans sa note de conjoncture sur le marché international du bois, pour la période allant du 1er au 15 juillet 2018, l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) révèle que les difficultés rencontrées par les opérateurs au port de Douala, dans la capitale économique camerounaise, freinent les exportations congolaises, gabonaises et même camerounaises.

«Les producteurs et les exportateurs déploient d’importants efforts, pour essayer de surmonter les problèmes d'expédition causés par la congestion du port, l’accès limité des navires (du fait de l’encombrement du chenal qui attend d’être dragué depuis des mois, Ndlr) et les difficultés de chargement sur la plateforme portuaire de Douala. », souligne l’OIBT dans son rapport. Et d’ajouter : «L'effet d'entraînement de la congestion du port a été une baisse temporaire des expéditions de certaines essences, notamment l’Okoumé et les sciages du Gabon, et les grumes de la République du Congo.»

Fort de ce que cette situation coïncide avec la hausse de la demande de l’Okoumé et des sciages tropicaux sur le marché international, les exportateurs font feu de tout bois pour essayer d’expédier leurs produits, afin de pouvoir tirer profit de l’augmentation prochaine des prix, projetée par l’OIBT. Ainsi, apprend-on de bonnes sources, des expéditions de bois ont récemment eu lieu à partir du port en eau profonde de Kribi, mis en service en mars 2018 dans la région du Sud du pays.

Sur cette plateforme, révèle notre source, la Société d’exploitation des parcs à bois du Cameroun (SEPBC), le concessionnaire du parc à bois du port de Douala, s’est vu attribuer un espace de stockage d’une capacité d’environ 23 000 m3, à partir duquel des exportations conteneurisées vont bientôt s’intensifier, avec le concours d’un armateur chinois annoncé au Cameroun par l’OIBT.

Brice R. Mbodiam


 

17 juillet 2018

Liquid Telecom et Telecom Egypt signent un accord de partenariat pour joindre Cape Town et le Caire par fibre optique

 

(Agence Ecofin) - Les sociétés Liquid Telecom et Telecom Egypt ont annoncé la signature d’un mémorandum d’entente pour relier la ville de Cape Town  en Afrique du Sud à celle du Caire en Egypte, par fibre optique. L’accord a eu pour cadre l’Assemblée annuelle de l’African Export-Import Bank, tenue du  11 au 14 juillet 2018 à Abuja au Nigeria.

Pour l’interconnexion des deux villes, Liquid Telecom capitalisera sur son infrastructure de fibre optique de près de 60 000 km, déployée depuis  l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Malawi, la Tanzanie, le Kenya, l’Ethiopie, jusqu’au Soudan à la frontière avec l’Egypte. De là, Telecom Egypt connectera son réseau de fibre optique.

Strive Masiyiwa, le fondateur et  président exécutif d’Econet Group, maison-mère de Liquid Telecom, a expliqué que l’accord avec Telecom Egypt vise à « compléter notre vision d'un réseau unique sur terre, du Cap au Caire (…) Ce réseau représente non seulement une réussite technique remarquable qui a surmonté certaines des distances et des terrains les plus difficiles du continent, mais il soutient également la montée des économies numériques en Afrique. Nous attendons à voir beaucoup de trafic entre l'Egypte et le reste de l'Afrique. Là où il y a des communications améliorées, l'amélioration du commerce suit également ». 

Pour Ahmed El Beheiry, le directeur général de Telecom Egypt, «ce protocole d'accord constitue une étape importante dans notre stratégie visant à pénétrer le marché africain et à mettre à la disposition de nos clients, à travers l'Afrique, des services technologiques et d'infrastructures mondiaux les plus avancés de Telecom Egypt ».

Dans le cadre du partenariat stratégique, Liquid Telecom et Telecom Egypt ont déclaré qu’ils partageront l'infrastructure réseau et exploreront d'autres domaines de collaboration, y compris les services de réseau conjoints, le peering et l'interconnexion de la voix.

11 juillet 2018

La France n'est plus la 6e puissance économique mondiale

(AFP 10 juillet 2018) Le produit intérieur brut (PIB) de l'Inde a dépassé pour la première fois celui de la France en 2017, reléguant la France au septième rang des économies mondiales, selon le site de la Banque mondiale. L'an dernier, le PIB de la sixième économie mondiale a ainsi atteint 2.597 milliards de dollars contre 2.582 milliards pour la France, selon des chiffres actualisés fin juin.

Ce chiffre confirme le rebond de l'économie indienne entamé à partir de juillet 2017, après plusieurs trimestres de ralentissement imputé à des mesures choc du gouvernement Modi.

La reprise de l'économie indienne ces derniers mois a été portée par l'industrie manufacturière et la demande des consommateurs, après un ralentissement imputé à la démonétisation de billets de 500 et 1.000 roupies (6,3-12,6 euros) fin 2016, suivie de la mise en œuvre chaotique d'une nouvelle TVA harmonisée.

Selon les prévisions annuelles du Fonds monétaire international (FMI), les économies émergentes et en développement d'Asie devraient connaître une croissance de 6,5% en 2018, la Chine et l'Inde tout comme les pays d'Asie du Sud-Est progressant bien au-delà de la moyenne mondiale attendue à 3,9%.

La croissance économique du géant indien est attendue à 7,4% en 2018 et 7,8% en 2019, selon le FMI. Une économie qui sera soutenue à court terme, comme pour la Chine, par une forte consommation intérieure, ainsi que par une réforme fiscale, selon le Fonds.

En l'espace de 10 ans, l'Inde a doublé son PIB. A l'inverse d'une Chine dont le rythme de croissance ralentit, l'Inde devrait faire figure de nouveau moteur de la région.

Une étude du Centre for Economics and Business Research, un cabinet de consultants basé à Londres a prédit en décembre 2017 que l'Inde supplanterait le Royaume-Uni et la France pour devenir la cinquième économie mondiale dès 2018, et briguer la troisième place en 2032.

En 2017, le PIB du Royaume-Uni s'est élevé à 2.622 milliards de dollars, derrière l'Allemagne (4e), le Japon, la Chine et les Etats-Unis.

 

AFP

14 juin 2018

Conflit GCM-KCC: Voici les 9 conditions posées par A. Yuma pour renoncer à son action judiciaire

 

(7sur7.CD) La Gécamines (GCM), qui exigeait la dissolution judiciaire de Kamoto Copper Compagny (KCC) depuis le 24 avril devant le tribunal de commerce de Kolwezi, sortirait vainqueur de son bras de fer avec cette filiale de Glencore, s’il on en juge au projet d’accord entre les deux sociétés parvenu à la Rédaction de 7SUR7.CD le 13 juin.

Pour renoncer à son action judiciaire contre KCC, la GCM a obtenu des concessions majeures qui mettront fin aux ponctions financières de KCC au seul profit de ses maisons – mères Glencore et de Katanga Mining.

Voici les 9 points du futur accord entre GCM et KCC que l’on annonce pour imminent :

1. Les capitaux propres seront reconstitués conformément à la législation en vigueur,

2. L’endettement de KCC envers Glencore sera réduit de 9 milliards $ à 3,45 milliards $ au 1er janvier 2018.

3. Les taux d’intérêt applicables sur les prêts intra-groupes sont encadrés et ne peuvent plus dépasser 6% l’an.

4. Sur la base du business plan actuel KCC, dès l’exercice 2019, Gécamines commencera à percevoir des dividendes, dont le cumul est estimé à plus de 2 milliards USD sur les dix prochaines.

5. Les résultats bénéficiaires permettront le paiement d’impôts sur les sociétés devant renflouer significativement les caisses de l’Etat congolais.

6. Une meilleure valorisation à l’avenir de l’apport des gisements de Gécamines au partenariat par un relèvement conséquent du montant unitaire du pas de porte passant de 35$ à 110$ voire à 170$ dans certains scénarios.

7. Une augmentation significative de la valorisation de la participation de Gécamines dans KCC qui était nulle jusqu’alors en raison au niveau d’endettement de la société.

8. La renonciation par KCC au bénéfice des réserves certifiées JORC s’élevant 3.992.185 tcu et 205.629 tco (les réserves), libérant ainsi Gecamines de son obligation de fournir des réserves ou à défaut, du paiement de la contre valeur maximum de 285 millions $.

9. Le paiement par le Groupe Katanga Mining d’une indemnité transactionnelle de 150 millions $ à Gécamines.

Le PCA de la GCM Albert Yuma Mulimbi, si jamais cet accord se concrétisait, aura alors gagné la bataille de sa vie en replaçant les intérêts de la Gécamines et ceux de la RDC.
Ce serait une belle victoire lui qui a dénoncé le pillage des ressources naturelles de la RDC par les sociétés étrangères.

Pour rappel, ces depuis le 24 avril que la GCM avait entamé une procédure de dissolution de KCC pour dénoncer la situation négative des fonds propres de KCC entretenus par Glencore et Katanga Mining.
Ils prêtaient à KCC à des taux usuriers (14%). Ils ont fait exploser l’endettement de KCC de 3 milliards $ à plus de 10 milliards.
La procédure judiciaire avait fait perdre au titre Katanga Mining, filiale de Glencore, la moitié de sa valeur.
Katanga Mining avait déclaré être disposé à trouver une solution à l’amiable avec GCM.

GCM a 25% de KCC contre 75% à Glencore détenu via Katanga Mining.

Z.K.

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