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10/02/2021

Classement 2020 des pays africains les plus démocratiques selon l'EIU

 

(Agence Ecofin) - En 2020, la tendance à la baisse de la démocratie dans le monde s’est accélérée. Les restrictions de liberté dues à la covid-19, l’insécurité et les tensions électorales ont fait chuter l’indice mondial de la démocratie de l’EIU à 5,37, le pire score enregistré depuis 2006.

L'Economist Intelligence Unit (EIU) vient de publier son rapport 2020 sur la démocratie dans le monde. Prenant en compte 50 pays d'Afrique sauf les Seychelles, le Soudan du Sud, la Somalie et Sao Tomé-et-Principe, le rapport fait un état des lieux de la démocratie sur le continent.

Il démontre qu’en 2020 comme en 2019, la démocratie a globalement reculé dans le monde, sur le continent africain et plus particulièrement en Afrique subsaharienne. En effet, le score moyen de la région est tombé à 4,16 l’année dernière contre 4,26 en 2018, son pire score depuis 2006.

Comme les années précédentes, seule l’île Maurice se classe dans la catégorie « pleine démocratie », mais le pays a enregistré une détérioration de son score qui passe de 8,22 à 8,14, ainsi qu’une baisse de sa place dans le classement mondial. Désormais, plus de la moitié des pays de la région subsaharienne sont considérés comme des régimes autoritaires.

D’après l’EIU, le recul de la démocratie sur le continent africain en général est essentiellement dû à la situation sécuritaire qui s’est détériorée dans plusieurs pays, et à la pandémie de covid-19. L’avancée du djihadisme en Afrique de l’Ouest, notamment, a entraîné une déstabilisation des Etats qui ont eu de plus en plus de mal à contrôler leurs territoires. « Cela a entraîné une détérioration des critères pertinents pour plusieurs pays dans la catégorie fonctionnement du gouvernement », indiquent les experts de l’EIU.

De plus, les élections contestées dans plusieurs pays ont entraîné de mauvaises performances dans la catégorie « processus électoral et pluralisme ». Une situation à laquelle s’ajoute le coronavirus qui a entraîné des mesures restrictives privant des millions de citoyens de leur liberté.

Avec un score de 3,77, l’Algérie passe de la catégorie « démocratie hybride » à la catégorie « régime autoritaire » de laquelle elle s’était sortie en 2019. Même constat au Burkina Faso et au Mali qui occupent désormais les 26e et 23e places africaines (116e et 111e places mondiales).

Parmi les plus grosses chutes au classement mondial, on note celle du Togo dont le score baisse à 2,80 lui faisant perdre 15 places. Il passe ainsi de la 126e place mondiale (31e africaine) à la 141e place mondiale (39e africaine). Une situation qui serait essentiellement due selon l’EIU à « une élection profondément entachée d'irrégularités et la répression de l'opposition qui s'en est suivie ». Le Mali enregistre quant à lui la deuxième plus grosse chute au classement, avec 11 places perdues.

Au total, sept pays africains sont des démocraties imparfaites, 14 sont hybrides (à mi-chemin entre régime autoritaire et démocratie), tandis que les 28 autres sont classés dans la catégorie régime autoritaire par l’EIU.

Cependant, si la notation des critères utilisés par l’institution peut avoir été influencé par la particularité de l’année 2020 marquée par le coronavirus, difficile de comprendre comment l’Erythrée, une des nations les plus fermées du monde, surnommée la « Corée du Nord de l’Afrique » peut être considérée plus démocratique que la RDC. D’autres exemples, comme le classement du Burkina Faso parmi les régimes autoritaires au même titre que l’Egypte ou l’Afghanistan, ou encore celui de la Centrafrique derrière la Syrie ou la Libye pourraient également souffrir de contestations.  

Pour rappel, l'Indice de la démocratie de l'Economist Intelligence Unit donne depuis 2006, un aperçu de l'état de la démocratie dans le monde entier pour 165 Etats indépendants et deux territoires.

Pour ce faire, il se base sur cinq familles de critères à savoir : le processus électoral et le pluralisme, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, et la culture politique. Les pays sont ainsi classés selon quatre types de régimes que sont : « pleine démocratie », « démocratie imparfaite », « régime hybride » et « régime autoritaire ».

Moutiou Adjibi Nourou

15/01/2021

L’Afrique sous l’œil de Big Brother

 

(La Libre Afrique) L’Afrique ne parvient pas à nourrir tous ses fils. Mais ceux-ci sont de plus en plus surveillés par les Big Brothers au pouvoir, grâce au concours des Chinois, des Israéliens…et des Européens.

À mesure que la pénétration d’internet et des smartphones s’accentue en Afrique, les États y renforcent la surveillance digitale, souvent au détriment de la vie privée et des libertés. En décembre 2020, dans un article publié par l’Africa Centre for Strategic Studies de Washington, le politologue sud-africain Bulelani Jili avertissait que « l’extension de la technologie de la surveillance en Afrique, sans freins ni contrepoids, est en train de remodeler le paysage de la gouvernance tout en activant potentiellement un autre outil de répression ». Déjà, au moins 18 pays du continent ont déployé cette technologie (Afrique du Sud, Algérie, Botswana, Côte-d’Ivoire, Égypte, Éthiopie, Ghana, Guinée Équatoriale, Ghana, Kenya, Malawi, Maroc, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Tanzanie, Togo, Zambie et Zimbabwe).

Pas de régulation pour protéger la vie privée

Le piratage à distance (hacking) permettant d’accéder à des fichiers sur des PC ciblés et de s’emparer des mots de passe pour activer des webcams ou des micros deviennent de plus en plus commun dans l’arsenal des Etats. Sans compter les écoutes téléphoniques, les interceptions de SMS et les géolocalisations d’utilisateurs. Le tout sans guère de débat public, déplore Bulelani Jili, qui épingle l’Éthiopie. L’État y utilise les technologies de la communication pour connecter les districts (woredas) aux ministères mais se distingue aussi par ses fréquentes entorses à la liberté d’internet, imposant des black-out politiquement motivés. Un développement inquiétant car l’Éthiopie, comme la moitié des États africains, n’a pas de législation pour réguler la protection des données et de la vie privée.

En 2014, la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles a bien vu le jour. Mais elle n’est pas entrée en vigueur car seulement cinq pays (Namibie, Sénégal, Ghana, Guinée-Conakry et Maurice) l’ont ratifiée, alors qu’un minimum de 15 signatures est nécessaire.

Reconnaissance faciale

En Ouganda, la reconnaissance faciale a été introduite massivement par la compagnie chinoise de télécommunications Huawei, comme dans une quinzaine d’autres pays africains dans le cadre de sa Safe City Initiative déployée dans une quinzaine de pays africains dont le Maroc, le Cameroun, le Kenya, le Mali, la Côte-d’Ivoire et Maurice) , menaçant potentiellement les citoyens d’intrusion dans leur vie privée et du piratage de leurs données, dénonce la chercheuse Karen Allen de l’Institute for Security Studies de Pretoria. L’initiative permet d’interconnecter des caméras vidéo, des systèmes de stockage de données sur le cloud afin d’espionner des plateformes publiques ou privées.

La police de Kampala s’est ainsi dotée en 2019 d’un système de surveillance par caméras de télévision en circuit fermé, facturé 126 millions de dollars par Huawei, sous prétexte de lutter contre la criminalité; l’opposition soupçonne d’autres usages. Non sans raison. Le Wall Street Journal a en effet révélé que les techniciens de Huawei ont aussi aidé les autorités ougandaises à pirater les comptes WhatsApp et Skype du chanteur populaire et candidat de l’opposition à la présidentielle du 14 janvier 2021, Robert Kyagulanyi, plus connu sous son nom de scène, Bobi Wine. Huawei a même invité des agents de la sûreté ougandaise à se rendre en Algérie pour y constater l’efficacité du système déployé là-bas par la firme chinoise pour surveiller les manifestants du mouvement prodémocratie Hirak.

En, Zambie, les techniciens de Huawei ont aidé les barbouzes locales à intercepter les communications de blogueurs opposants, permettant ainsi à la police de les

arrêter.

Etats-Unis et Israël

Le rapporteur de l’Onu sur la liberté d’expression, David Kaye, constate toutefois que les compagnies chinoises – dont Huawei, mais aussi ZTE – ne sont pas seules à répandre des systèmes de surveillance en Afrique. Selon le Carnegie Endowment for International Peace, de Washington, les compagnies américaines IBM et Cisco sont aussi présentes sur le continent. Palantir, société créée avec un coup de pouce financier de la CIA, a été choisie pour analyser les données du Programme alimentaire Mondial, a révélé de son côté l’agence de presse onusienne IRIN en 2019.

Israël est un autre fournisseur important. Selon une enquête du Citizen Lab de l’Université de Toronto, la société de télécoms Circles, du jeune CEO Amit Kochavi, célébré comme une star par la presse de l’État hébreu, a vendu du matériel pour espionner les communications des opposants et des défenseurs des droits de l’homme au Botswana, au Nigeria et au Maroc notamment. Il permet de géolocaliser des téléphones n’importe où dans le monde, avec ou sans l’accord des compagnies, et d’espionner des individus sans l’accord d’un juge. Selon la même source, le logiciel Pegasus conçu par NSO Group, qui a fusionné en 2014 avec Circles, a vendu du matériel de détection en Afrique du Sud, au Rwanda, en Côte-d’Ivoire, au Kenya, au Togo, en Ouganda et en Zambie.

Des sociétés européennes aussi

La vieille Europe n’est pas en reste. En 2015, Wikileaks a dévoilé des milliers de documents et d’e-mails de la compagnie italienne Hacking Team, qui a vendu du matériel à l’Érythrée et au Soudan, où on viole les droits de l’homme à tour de bras, mais aussi à l’Éthiopie. En 2015, le gouvernement d’Addis Abeba a acheté du matériel d’écoute à la firme italienne pour surveiller des opposants et des journalistes. Addis a aussi acquis un logiciel invasif dénommé FinSpy auprès de la firme britannique Gamma Group, qui a permis d’utiliser des photos d’opposants comme appâts afin de pirater des comptes et surveiller leur activité digitale.

En 2011, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a porté plainte contre la société française Amesys qui avait vendu en 2007 au régime de Kadhafi des systèmes de surveillance pour espionner des opposants, par la suite arrêtés et torturés. Le magazine catholique Télérama rapporte qu’en 2018 une autre société française, dénommée Ercom, a vendu aux renseignements militaires égyptiens des systèmes de surveillances et un logiciel pour intercepter des SMS et des appels ainsi que pour surveiller internet et localiser des cibles, bien qu’Amnesty International ait signalé des centaines de cas de torture et de disparition dans un pays qui compte 60 000 prisonniers politiques. Ironie de l’histoire, selon Télérama, cette même société Ercom avait développé à l’époque la technologie pour rendre inviolable le Samsung Galaxy d’Emmanuel Macron… Cette dernière transaction fait fi en tout cas des recommandations de l’UE de cesser les ventes de tels équipements à l’Égypte en cas d’indices suggérant qu’ils pourraient servir à perpétrer des violations des droits de l’homme.

Contradictions au sein de l’UE

À Bruxelles, on est conscient du problème : le 9 novembre dernier, le Parlement et le Conseil européens se sont entendus pour renforcer la réglementation des exportations de technologies de surveillance.

Mais l’UE elle-même n’est pas exempte de contradictions. Elle finance en effet un programme qui apprend aux États africains à espionner leurs propres citoyens, dénonce l’ONG Privacy International. Cette dernière a obtenu des centaines de documents révélant l’existence de formations controversés de policiers algériens, tunisiens et marocains par le Collège européen de police (CEPOL). En 2019, des experts européens auraient appris à des gendarmes algériens et marocains à utiliser de faux profils pour obtenir des renseignements sur leurs concitoyens, bien que ces techniques contredisent les politiques de l’UE sur la désinformation, accuse l’ONG.

François Misser

28/12/2020

La RD Congo réintègre l’AGOA après dix ans de suspension

Dix ans après avoir retiré la RD Congo de la liste des pays éligibles à l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), le Président Donald Trump vient de faire marche en arrière. Il faut rappeler que le 21 décembre 2010, le président américain Barack Obama avait supprimé la RD Congo de la liste des pays africains éligibles à la loi sur la croissance  et les possibilités économiques en Afrique promulguée en 2000 par le Président Bill Clinton.

 

Les causes de la suspension

 

La raison invoquée par les autorités américaines fut que la RD Congo n’avait pas effectué de progrès nécessaires pour répondre aux critères, notamment le respect des droits de l’homme. L’avantage de l’AGOA réside dans le fait que  les pays d’Afrique subsaharienne sont autorisés à exporter la plupart de leurs biens vers les Etats-Unis sans tarifs douaniers. L’AGOA offre une franchise de droits de douanes à l'entrée du marché américain à  près de 6.500 produits africains (produits pétroliers, agricoles, textiles, artisanat…). Environ quarante pays africains en profitent. La condition est qu’ils doivent  respecter certains principes liés à l’Etat de droit, au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et à l’économie de marché. Ainsi, les États Unis avaient menacé en 2019 le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda de suspension de l’AGOA quand ces pays ont annoncé l’interdiction d’importation des vêtements et des chaussures de seconde main  pour protéger leurs industries textiles.  Notons que c’est en octobre 2003 que le Congo avait été déclaré éligible au statut de partenaire privilégié avec les Etats-Unis d’Amérique. Dans ce cadre, le Congo avait pu exporter des marchandises exonérées de droits de douanes vers les Etats-Unis d’Amérique pour une valeur de 300 millions de dollars. L’ancien Président George Bush affirmait dans ses mémoires que « l’African Growth and Opportunity Act a permis d’éliminer les droits de douane sur la plupart des exportations africaines acheminées vers les Etats-Unis. Cette loi avait été mise en place par Clinton, j’ai travaillé avec le Congrès pour la développer. Et j’ai pu constater ses effets en rencontrant les entrepreneurs du Ghana qui avaient exporté leurs produits aux Etats-Unis… » Lors du Forum sur l’AGOA qui s’est tenu en juin 2011 à Lusaka (Zambie), la Secrétaire d’Etat Mme Hillary Clinton, affirma « qu’au cours des 10 dernières années, les exportations africaines vers les Etats-Unis d’Amérique ont quadruplé, passant de 1 à 4 milliards de dollars, sans compter le pétrole. Nous avons assisté à une augmentation importante des exportations de vêtements et d’objets d’artisanat de Tanzanie, de fleurs couplées du Kenya, de produits en cuir haut de gamme d’Ethiopie. L’essor des échanges commerciaux au cours de la décennie écoulée est un accomplissement qui mérite célébration, non seulement pour ce que cela a apporté aux peuples d’Afrique, mais aussi pour tout ce que cela promet pour l’avenir… »

 

La réintégration et comment en profiter

 

Depuis le 22 décembre 2020, la RD Congo bénéficie à nouveau du statut commercial préférentiel. Une requête avait été introduite à ce sujet par le gouvernement congolais à l'issue du Conseil des ministres du vendredi 31 juillet 2020. Dans cette requête, le gouvernement congolais relevait les mesures prises  pour répondre aux critères de l’AGOA :  retour de la liberté d’expression et ouverture de l’espace médiatique à toutes les tendances politiques, mise en place d’un dispositif efficace de lutte contre la traite des êtres humains, mise en place effective d’une agence nationale de prévention et de lutte contre la corruption, tolérance-zéro en matière de recrutement forcé des enfants au sein des FARDC et élaboration d’une stratégie d'inspection du travail à l'échelle du pays qui renforce le rôle de l'inspection du travail et garantit les travailleurs dans l’exercice de leurs droits fondamentaux. 

 

Reste à savoir si les entreprises congolaises sauront saisir cette opportunité pour exporter des produits aux USA. Cela nécessite l’implication et l’intéressement des opérateurs économiques congolais, qui trouveront là la possibilité d’extension de leurs affaires, tant au plan de débouchés qu’à celui de renforcement des capacités. Pour permettre aux entreprises de tirer tous les bénéfices possibles de l’AGOA, il sera nécessaire d’organiser des rencontres, sous forme de séminaire et forum, dans le but de vulgariser ce mécanisme. Cela permettra aux opérateurs économiques de s’imprégner de ce système de facilitation à l’exportation des produits congolais vers les Etats Unis d’Amérique. En sus de ces avantages, il y a également la possibilité d’attirer les investissements américains et de faciliter le transfert des technologies des Etats-Unis vers la RD Congo. Il appartient aux dirigeants des entreprises de voir comment exploiter ces nouvelles facilités ainsi que de respecter les procédures et les normes d’exportation.

 

Gaston Mutamba Lukusa 

 

22/12/2020

Rapport mondial sur le développement humain 2020 :

 

 La prochaine frontière : le développement humain et l’Anthropocène

 

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) vient de publier son rapport sur le développement humain pour l’année 2020. Ce rapport est intitulé « La prochaine frontière : le développement humain et l’Anthropocène ». Selon les auteurs du rapport, les peuples et la planète entrent dans une toute nouvelle époque géologique nommée l'Anthropocène, ou l'ère des êtres humains. Il est donc temps pour tous les pays de repenser leur chemin vers le progrès en tenant compte des pressions dangereuses que les êtres humains exercent sur la planète, et en éliminant les déséquilibres flagrants de pouvoir et d’opportunités qui empêchent le changement. Ainsi, le développement humain passe par une vraie action en faveur du climat. De nouvelles estimations prévoient que d’ici 2100, les pays les plus pauvres du monde pourraient connaître jusqu’à 100 jours supplémentaires par an de conditions météorologiques extrêmes en raison du changement climatique. Heureusement, ce chiffre peut être réduit de moitié si l’Accord de Paris sur le climat est pleinement mis en œuvre. Dans son dernier rapport, le PNUD ajoute deux nouveaux éléments à son indice annuel de développement humain (IDH). Le nouvel indice mesure non seulement la santé, l'éducation et le niveau de vie d'un pays mais aussi les émissions de dioxyde de carbone et son empreinte matérielle. Pour les auteurs du rapport, l'indice pourra ainsi montrer comment la situation globale du développement mondial peut changer si le bien-être des êtres humains et l’allègement des pressions exercées sur la planète sont tous les deux au cœur de la définition du progrès de l'humanité. Les pays doivent donc conjuguer leurs efforts avant 2030 pour empêcher le réchauffement climatique d'atteindre deux degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels en prenant certaines mesures. A titre d’exemple, le reboisement et une meilleure prise en charge des forêts pourraient à eux seuls représenter environ un quart des mesures. En RD Congo, les arbres sont régulièrement coupés pour être transformés en charbon qui est utilisé en cuisine. Nous assistons à un déboisement rapide des forêts d’autant que 10% seulement de la population ont accès au courant électrique. Heureusement que depuis un certain temps, la population à Kinshasa recourt de plus en plus à des cuisinières à gaz. Cela contribue à baisser la pression sur les arbres transformés en charbon. Le gouvernement recommande aussi à la population de planter des arbres. Concernant la valeur des indicateurs du développement humain (IDH), le Rapport mondial sur le développement humain 2020 du PNUD situe l’indice de développement humain de la République Démocratique du Congo à 0,480 ce qui classe le pays au 175ème rang mondial sur 189.  Le pays demeure classé parmi les pays à faible développement humain. Les 10 premiers pays en tenant compte de la valeur de l’indicateur de développement humain sont par ordre la Norvège (0,957), l’Irlande (0,955), la Suisse (0,955), Hong Kong (0,949), l’Islande (0,949), l’Allemagne (0,947), la Suède (0,947), l’Australie (0,944), les Pays-Bas (0,947) et le Danemark (0,940).   Les Etats-Unis se situent à la 17ème place (0,926) et la Chine au 85ème rang (0,761. Le premier pays africain est l’Algérie qui est classée au 91ème rang mondial avec un IDH de 0,748, parmi les pays à haut développement humain.  Quant à la République Sud-africaine, elle est classée au 114ème avec un IDH de 0,709

 

 Gaston Mutamba Lukusa

19/11/2020

Namibie/Botswana : Menace pétrolière sur le Delta de l’Okavango

 

(La Libre Afrique) Le delta de l’Okavango, classé au Patrimoine mondial, est menacé par une société pétrolière canadienne qui va y commencer des forages en décembre.

Rien ne peut arrêter le fléau de l’or noir. Pendant des décennies, la Namibie et le Botswana ont figuré parmi les champions de la conservation en Afrique. Mais cet âge d’or pourrait se terminer. En effet, les deux gouvernements ont accordé des permis de prospection à la « junior » canadienne, ReconAfrica, couvrant une zone de 35 000 km2, plus vaste que la Belgique. Et la société, cotée en bourse de Toronto, a annoncé son intention d’entamer en décembre des forages pétroliers et gaziers dans des aires protégées qui alimentent en eau le delta de l’Okavango, sanctuaire unique de grands mammifères, inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité (voir ci-dessous).

Selon les géologues embauchés par ReconAfrica, la zone abriterait des réserves considérables dépassant les 100 milliards de barils, soit  l’équivalent du tiers de celles du Venezuela ou de l’Arabie Saoudite, qui sont les plus importantes de la planète.

Une partie de ce pactole peut être exploité selon les technologies classiques mais le reste est contenu dans des dépôts de schiste, requérant le recours à la fracturation hydraulique, très controversée, désignée sous le terme de « fracking ». Cela consiste à injecter du sable, de l’eau et des produits chimiques à haute pression pour fracturer les roches et accéder ainsi aux poches de pétrole ou de gaz. Cela produit des eaux résiduelles parfois radioactives et souvent toxiques, qui peuvent contaminer les eaux souterraines et de surface, menaçant la santé de la faune, de la flore et des humains.

En effet, bien que le ministre namibien des Mines, Tom Alweendo, ait prétendu en septembre, au quotidien « The Namibian » que ReconAfrica ne recourrait qu’à des techniques conventionnelles, le PDG de la société, Scot Evans, a recruté un crack du fracking pour développer le projet. Evans n’est pas un pied tendre dans l’industrie. Il fut vice-président de la société texane de services à l’industrie pétrolière Halliburton, dont le patron fut l’ancien vice-Président américain Dick Cheney et qui s’est considérablement enrichie grâce à la guerre en Irak. En 2003, elle défraya la chronique en admettant que sa filiale KBR avait payé un pot de vin pour obtenir un régime fiscal favorable au Nigeria.

Les sites de forage se trouvent le long de la rivière Okavango, sur la frontière entre la Namibie et le Botswana, à l’intérieur de la Kavango-Zambezi Transfrontier Conservation Area (KAZA-TFCA) qui englobe, sur une superficie représentant l’équivalent de celle de la France, 36 aires protégées, dont trois parcs nationaux (Khaudum, Manghetti et Bwabwata).

Les concessions de ReconAfrica chevauchent plusieurs couloirs de migration d’animaux sauvages qui traversent ces parcs; ceux-ci, ensemble, constituent la plus grande aire de conservation transfrontalière au monde. Une marée noire menacerait la rivière Okavango et toute la faune et la flore jusqu’au delta. La zone est notamment le lieu de transhumance de la plus grande population d’éléphants du continent (environ 250 000) ainsi que des antilopes des sables

À cause de ce projet, s’inquiètent en outre les anthropologues, les premiers habitants humains de la zone, désignés sous l’appellation de « Bushmen » ou « San », qui y vivent depuis 40 000 ans, risquent de perdre leur dernier refuge dans le Kalahari. Un forage est en effet prévu près du site archéologique inscrit au patrimoine de l’Unesco de Tsodilo Hills, au Botswana, qui abrite 4500 peintures rupestres.

Selon le ministère namibien de l’Environnement et du Tourisme, une étude d’impact environnemental concernant trois forages a été effectuée. Mais les communautés locales et la société civile ont été tenues à l’écart, affirment les critiques. La menace concerne aussi le secteur du tourisme. Le delta de l’Okavango est l’attraction touristique principale du Botswana. Au total, près d’un million de personnes pourraient être affectées par l’exploitation pétrolière dans un environnement aussi fragile

Situé au nord du Botswana, le delta de l’Okavango, vaste de 18 000 km2, est le second plus grand delta intérieur de la planète après celui du Niger. Les eaux de ce fleuve sans embouchure maritime se déversent chaque année, au milieu de l’été austral, dans le désert du Kalahari, constituant un site unique de biodiversité. Pas moins de 24 espèces d’échassiers nichent dans les îles – alors souvent totalement submergées – parfois sur des figuiers aquatiques sous lesquels s’abritent crocodiles et hippopotames.

C’est l’habitat saisonnier de nombreuses espèces de mammifères, dont les « Big Five » (éléphant, buffle, lion, léopard et rhinocéros blanc ou noir) mais aussi des gnous, des koudous, des springboks, des zèbres, des hyènes, des lycaons, des phacochères et autres cynocéphales, outre 500 espèces d’oiseaux, dont l’aigle pêcheur, la grue royale et l’ibis sacré. Dans les eaux du delta nagent 85 espèces de poisson, dont un emblématique poisson-tigre carnivore, beaucoup plus gros que le piraña sud-américain et pouvant mesurer 1,5 mètre et peser 65 kilos.

Le delta est aussi le domicile de plusieurs populations humaines dont les San ou bushmen, les Hambukushu, les Dceriku et les Bugakhwe.

 

François Misser

19/10/2020

RDC : L’hydrogène congolais, énergie de l’avenir pour l’UE. Mythe ou réalité ?

(La Libre Afrique) Des promoteurs allemands envisagent d’importer de l’hydrogène produit à partir de l’électricité d’Inga, profitant de fonds européens pour développer cette forme d’énerqje propre. Mais il y a encore loin des intentions à la réalité.

Depuis des décennies, le projet de produire de l’hydrogène à partir de l’énergie du barrage d’Inga est caressé par les ingénieurs. Parmi eux, le Belge Robert Arnould et le Congolais Bertin Bangula, estimaient dans une communication universitaire en 2011 que les sites de Manyanga et d’Inga recèleraient un potentiel correspondant à 10% de la demande mondiale l.

Pour Paul Frix, ancien directeur de l’Agence belge de coopération au développement (AGCD), ce projet a du sens. C’est pourquoi, il dit comprendre la démarche, validée par le conseiller Afrique de la chancelière Merkel, Günter Nooke, entreprise par l’Allemand Gernot Wagner, patron de la société Evagor, qui s’est rendu à Kinshasa en août dernier pour convaincre la présidence de la pertinence du projet.

Mais celui-ci exige des investissements importants. Outre l’usine d’électrolyse qu’Evagor veut construire à Banana sur l’Atlantique, qui serait alimentée à partir du futur barrage d’Inga 3, il implique la construction d’un port en eau profonde dans cette même ville pour accueillir les hydro-tankers, chargés d’évacuer l’hydrogène sous forme liquide, qui pourrait coûter jusqu’à un milliard de dollars

Pour financer son mégaprojet, auquel il veut associer d’autres sociétés allemandes (Siemens, Linde, VN Gas et la Deutsche Bank), Gernot Wagner compte sur l’argent européen. Il inscrit sa démarche dans le contexte de la stratégie de l’hydrogène vert présentée le 8 juillet dernier par la Commission européenne pour décarboner les secteurs les plus polluants comme la sidérurgie et les transports et conduire l’UE vers la neutralité climatique en 2050, en remplaçant les énergies fossiles.

Comme les capacités européennes de production d’hydrogène vert sont limitées, la Commission souligne l’importance du potentiel africain et le besoin d’accélérer le développement de la capacité de génération d’énergie propre sur le continent. A cette fin, elle entend explorer de telles opportunités de promouvoir des projets dans le cadre de l’Initiative d’énergie verte Afrique Europe et c’est précisément cette intention qu’entend exploiter Gernot Wagner.

Au nombre de ces pays figure le Maroc qui a signé un accord de coopération avec l’Allemagne qui prévoit la construction d’une unité de production d’hydrogène vert, alimenté par des éoliennes et des centrales solaires. Face à cette concurrence, le Congo peut faire valoir l’avantage comparatif de l’énergie la moins chère que produirait Inga 3, à un coût très inférieur. À cet égard, le gouvernement congolais se dit assurer de l’intérêt allemand pour le projet de Gernot Wagner qui vise à une production annuelle de deux millions de tonnes d’hydrogène, soit 4 %.de la production mondiale actuelle, selon le ministre de la coopération internationale, Pépin Guillaume Maniolo

Pareille perspective, considère Paul Frix, justifierait un intérêt accru de l’UE pour Inga 3 qui est la condition sine qua non de la réalisation de l’usine d’hydrogène. L’UE, dit Frix, pourrait au minimum financer le coût d’une étude sur les stratégies tarifaires nécessaires pour que Inga 3 voit le jour. En attendant, il est nécessaire dit Paul Frix de s’assurer que l’Allemagne dispose d’une capacité maritime suffisante pour transporter l’hydrogène liquide du Congo vers l’Europe.

Mais au delà de la pertinence d’exploiter l’hydrogène, la taille modeste de la société Evagor dont le bilan n’atteint pas les 13 millions d’euros, suscite des interrogations sur sa capacité à développer son projet congolais. Tout au plus, dans une vidéo postée sur le site d’Evagor, Gernot Wagner explique-t-il que son projet bénéficie du soutien de plusieurs institutions qu’il ne cite pas. Peu de détails ont filtré sur le business plan d’Evagor, sur la taille de la centrale, sur son coût et sur la quantité d’énergie d’Inga 3 nécessaire à son fonctionnement. En outre, la société ne compte pas que des amis au Congo. Elle est en litige avec la Gécamines à propos du projet de centrale thermique de Luena (CTL) qu’elle avait proposé de construire en 2012. La Gécamines, actionnaire à 70% de CTL lui avait commandé une étude de faisabilité de 15 millions de dollars. Mais celle-ci au dire de la Gécamines avait été incomplète et la garantie du financement du projet par une banque allemande ne fut jamais fournie. Depuis, la Gécamines s’est lancée dans la recherche de nouveaux partenaires. Dans la mesure où le patron de la Gécamines, Albert Yuma, appartient au cercle rapproché de l’ex-Président Joseph, Kabila, il n’est pas sûr que les Allemands rencontrent tous les soutiens dont ils auraient besoin pour faire avaliser leur projet d’usine d’hydrogène.

Un autre écueil est que la condition sine qua non de la réalisation de leur projet, la construction d’Inga, soit effective à bref délai. Or, ce n’est pas gagné. En 2018, l’Agence pour le développement du projet Grand-Inga (ADPI) qui dépend de la Présidence de la République a annoncé que la capacité d’Inga 3 ne serait plus de 4 800 MW comme initialement mais de 11 000 MW. Ce qui suppose un investissement bien plus important que les 14 milliards prévus pour le financement de la construction du barrage, de la centrale et des interconnexions plus difficile, dans le scénario d’une centrale de 4800 MW. Qui plus est, alors que la conception des grands projets d’électricité repose généralement sur l’assurance de clients solvables sur la durée qui facilite la garantie du projet par des banques, l’ADPI a annoncé une augmentation de la capacité future d’Inga 3 sans avoir les garanties de pouvoir vendre toute l’électricité additionnelle.

François Misser

14/10/2020

Afrique : les envois de fonds risquent de baisser de 21% en 2020 à cause du coronavirus (CEA)

 

(Agence Ecofin) - De 85 milliards $ estimés en 2019, les envois de fonds de la diaspora vers l’Afrique pourraient chuter de 18 milliards $ en 2020, selon un nouveau rapport de la CEA. Cela s’explique par les perturbations économiques liées à la covid-19 dans plusieurs pays d’accueil des migrants africains.

Les envois de fonds de la diaspora vers le continent africain pourraient baisser de 21% en 2020 par rapport à 2019. C’est ce qu’indique le rapport « Préserver les envois de fonds à l’époque de la covid-19» publié la semaine dernière par l’Organisation anti-pauvreté ONE et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).

Il s’agit d’un recul anticipé de 18 milliards $ par rapport à l’année 2019 où la Banque mondiale estime que 85 milliards $ ont été envoyés par les Africains de l’étranger à leurs proches en Afrique. Cette baisse due à la pandémie de covid-19 devrait ainsi mettre un coup d’arrêt à la tendance haussière des fonds envoyés vers l’Afrique, observée ces dernières années.

On estime que depuis 2009, le flux des envois de fonds vers le continent a presque doublé représentant désormais plus de 5 % du PIB dans 15 pays africains.

La prévision de cette contreperformance par la CEA s’inscrit dans le même ordre d’idée que les estimations de la Banque mondiale qui prévoyait en avril un recul de l’ordre de 23,1% pour l’Afrique subsaharienne. Le confinement strict des populations et le ralentissement des activités dans plusieurs pays abritant une grande partie de la diaspora africaine (France, Royaume-Uni, USA, etc.) ainsi que « la perturbation des opérations des prestataires de services de transfert de fonds » sont entre autres les principales causes de cette situation qui devrait affecter les arrivées de devises étrangères en Afrique.

« En Afrique, une personne sur cinq effectue ou reçoit des envois de fonds internationaux. La covid-19 a gravement affecté les envois de fonds vers le continent qui seront revus à la baisse de 21% en 2020, soit 18 milliards de dollars de moins pour les personnes qui en dépendent. Il est donc essentiel de préserver cette bouée de sauvetage essentielle pour l’Afrique », a à cet effet déclaré Stephen Karingi, directeur de la division de l’intégration régionale et du commerce (RITD) de la CEA.

Serah Makka, directrice de l’ONG ONE au Nigeria appelle « les ministres des Finances du G20 à modifier leurs plans nationaux de transfert de fonds y compris la réglementation bancaire, afin de réduire les coûts d’envoi de fonds à près de 0% jusqu’à la fin de la pandémie. Ainsi, nous pouvons garantir que leur coût ne dépasse pas 3% comme convenu dans les objectifs de développement durable, et sauver des millions de familles de cette paralysie financière totale ».

Moutiou Adjibi Nourou

09/09/2020

La Banque africaine de développement partenaire de premier plan du 10ème Forum annuel sur la révolution verte en Afrique

 

(BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT) - La Banque africaine de développement figure parmi les partenaires de premier plan du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF), la plus importante conférence africaine sur l’agriculture, qui se déroule pour la première fois en ligne, du 8 au 11 septembre, en raison de la pandémie de Covid-19.

La dixième édition annuelle de l’AGRF compte parmi ses principaux intervenants des chefs d’État et de gouvernement d’Afrique, et elle réunit des représentants de gouvernements, de la société civile, du secteur privé et de la communauté scientifique. L’AGRF 2020, organisé par le gouvernement du Rwanda et par ses partenaires, a pour thème : « Nourrir les villes et développer le continent. Comment tirer parti des marchés alimentaires des zones urbaines pour mettre en place des systèmes alimentaires durables en Afrique ? »

« Alors que la pandémie de Covid-19 provoque des turbulences à travers toute l’Afrique, nous devons donner la priorité aux politiques de soutien, notamment en faveur des petites et moyennes entreprises qui produisent, transforment et commercialisent 60 % des biens alimentaires consommés sur le continent », a déclaré Wambui Gichuri, vice-président par intérim de la Banque africaine de développement, chargé de l’Agriculture et du développement humain et social. Nous devons améliorer la circulation des intrants et des denrées alimentaires, accroître la production et améliorer l’accès à des produits alimentaires sains et nutritifs, créer des équipes spéciales chargées de veiller à la sécurité alimentaire dans les pays et renforcer la capacité des organisations régionales à effectuer un suivi des initiatives transfrontalières. L’AGRF est la tribune qui permet de faire progresser ces débats sur les politiques à suivre ». 

Wambui Gichuri conduit la délégation virtuelle de la Banque à l’AGRF, qui comprend Atsuko Toda, directrice du Financement agricole et du développement rural, Martin Fregene, directeur de l’Agriculture et de l’agro-industrie, Esther Dassanou, coordonnatrice du programme Discrimination positive en matière de financement pour les femmes d’Afrique (AFAWA) de la Banque, et Edson Mpyisi, coordonnateur du programme de la Banque « Enable Youth ». La délégation de la Banque participe à neuf séances virtuelles de l’AGRF.

Wambui Gichuri prononce une allocution lors d’une séance plénière ayant pour thème la nutrition, intitulée « Reconstruire en mieux - Faire croître le continent ». Cette rencontre sur les politiques, qui se déroule mercredi 9 septembre, porte sur le rapport de l’ONU sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, sur l’actuelle pandémie et sur les moyens de nourrir le continent.

Atsuko Toda a animé une réunion parallèle organisée par la Banque le 7 septembre. La session, intitulée « l’Intégration des systèmes alimentaires africains dans l’optique des champions des PME », a fait entendre la voix des petites et moyennes entreprises appartenant aux sous-secteurs de la production, de la transformation, de la logistique et de la chaîne du froid. 

« Nourrir la population croissante de l’Afrique ne consiste pas seulement à produire plus de biens alimentaires. Il s’agit également d’apporter des biens alimentaires aux personnes qui en ont le plus besoin. Nous aidons les entrepreneurs tout au long des chaînes de valeur du système alimentaire pour atteindre ce résultat », a déclaré Atsuko Toda.

Martin Fregene est intervenu, lundi 7 septembre, lors d’une pré-rencontre de l’AGRF intitulée « Développement à plus grande échelle » et d’une autre intitulée « Les technologies agricoles pour nourrir les villes ». 

Edson Mpyisi faisait partie des juges participant mardi 8 septembre à la séance parallèle durant laquelle s’est déroulée la finale du concours « Agripreneur AGRF ». Ce concours rassemble de jeunes entrepreneurs, des innovateurs et des forces vives du secteur agroalimentaire africain. Edson Mpyisi fait également partie des intervenants lors de la session intitulée « Renforcement de l’écosystème pour les jeunes agripreneurs africains », qui examinera les plans d’action permettant de mieux répondre aux besoins des jeunes agripreneurs.

Le mercredi 9 septembre, Esther Dassanou, la coordinatrice de l’AFAWA, se joint à une table‑ronde d’experts ayant pour thème « Comment tirer le meilleur parti des modes de financement conçus pour les femmes ». Cette session aborde les méthodes nécessaires pour identifier les femmes entrepreneures appartenant au monde invisible servant d’intermédiaire entre les agriculteurs et les secteurs de la transformation à valeur ajoutée, et entre la vente au détail et les services d’alimentation des centres urbains du continent, en vue de leur accorder des crédits.

« L’agriculture et le renforcement des systèmes alimentaires sont les pierres angulaires du plan de l’Afrique pour reconstruire en mieux après la pandémie de Covid‑19, a affirmé Martin Fregene. L’AGRF en ligne réunit les plus importants décideurs des gouvernements dans le même espace numérique que les acteurs de base situés tout au long de la chaîne de valeur agricole. Nous, à la Banque, sommes fiers d’en faire partie. »

ECOFIN

18/08/2020

Baisse du dollar : des risques et opportunités pour l’Afrique

 

(Agence Ecofin) - Des fonds spéculatifs actifs sur le marché international des monnaies réduisent leur exposition au dollar US. C’est le signe que la valeur de la principale devise des échanges mondiaux pourrait continuer de baisser. Des risques et des opportunités se présentent pour l’Afrique.

Les fonds spéculatifs se montrent prudents face au dollar américain, apprend-on des données fournies par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des contrats futurs sur les bourses des matières premières et le marché des devises. Même si la monnaie américaine reste la principale cible de cette catégorie des investisseurs, les volumes qui y sont affectés ont connu la semaine dernière, la plus forte baisse depuis mai 2018, selon les calculs de Bloomberg. 

Pour les analystes, cette évolution des choses est la preuve que la baisse de valeur que connait le dollar depuis le début de l’été risque de se poursuivre. Les fonds spéculatifs qui sont sur le marché des échanges des devises disposent très souvent des équipes de prospective aguerries. Le sentiment négatif croissant sur le dollar coïncide avec un sentiment positif grandissant sur l'euro.

Cette situation pourrait avoir une grosse incidence sur l’Afrique. Les entreprises qui sont proactives dans la gestion des risques et des opportunités surveillent avec attention l’évolution des choses, surtout celles qui ont des obligations de remboursement de la dette en dollar. Une monnaie américaine plus faible constitue un gain de change non négligeable.

Pour les capitaux étrangers qui ont investi en Afrique, une baisse de la valeur du dollar peut avoir plusieurs effets. On a remarqué la semaine dernière toute la difficulté qu’ont rencontré les investisseurs étrangers à sortir rapidement leurs capitaux du Nigeria en raison d'une dépréciation de la monnaie locale par rapport au dollar. Un dollar plus faible sur le long terme leur apporterait une bouffée d’oxygène.

Les gouvernements africains seront aussi attentifs à l'évolution de la monnaie américaine. En dehors des pays de la zone franc CFA qui ont une composition importante de leurs dettes internationales en euro, l'essentiel des obligations des Etats de la région est en dollar. La baisse profite donc au remboursement de la dette. Par contre, si la monnaie américaine continue de reculer, cela risque de peser sur les revenus d'exportation et par conséquent la capacité des pays à tenir leurs prévisions de recettes budgétaires.

Début mars 2020, lorsque la covid-19 s’est déclarée avec force, de nombreux investisseurs ont immédiatement cherché à se protéger en acquérant le plus possible la monnaie américaine qui est aussi celle des transactions internationales.

En réaction à un risque de surévaluation de sa monnaie qui lui serait préjudiciable, la Réserve fédérale (Banque centrale américaine) a vivement réagi en offrant plus de dollars à des pays partenaires et en rachetant la dette publique et privée. Il semble finalement qu'elle ait injecté plus d'argent qu'il ne faut.

Idriss Linge

21/07/2020

Afrique : plusieurs pays ciblés par un nouveau programme de développement et de lutte anti-coronavirus de la BEI

 

(Agence Ecofin) - Plusieurs pays africains bénéficieront d’un nouveau programme d’appui à la résilience et à la lutte anti-coronavirus lancé par la Banque européenne d’investissement. Estimé à 16,6 milliards €, le programme couvre entre autres les secteurs du climat, des transports, de l’énergie et du logement.  

 

La Banque européenne d’investissement (BEI) vient d’annoncer qu’elle s’apprête à déployer un financement de 16,6 milliards € à travers le monde. L’opération vise à lutter contre la pandémie de covid-19 et à développer des projets de résilience dans plusieurs secteurs économiques, en Afrique et dans d’autres continents.

Ainsi, plus de 10 milliards € d’investissements en lien avec la covid-19 permettront d’améliorer la santé publique, de consolider les services publics et de soutenir les investissements d’entreprises dans des secteurs touchés par la pandémie. Près de 800 millions € de financements appuieront des investissements d’entreprises liés à la covid-19 en Egypte tandis qu’un programme de financement régional spécifique permettra aussi à des entreprises d’Afrique du Nord et subsaharienne de développer des projets contre la pandémie.

Dans le domaine des énergies renouvelables, c’est un financement de près de 2 milliards € qui a été annoncé par l’institution. Il permettra de mettre en place entre autres deux nouvelles interconnexions électriques au Mali et à Madagascar afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, de renforcer l’accès à l’énergie et d’accroître l’utilisation de sources d’énergie moins onéreuses. Au Mali, la capitale Bamako sera raccordée au système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain et à de nouvelles sources d’énergies renouvelables.

Dans le secteur du transport, un nouveau soutien de 1,1 milliard € sera accordé à l’Egypte afin de transformer les transports publics dans des villes. Quant au secteur du logement, la BEI annonce qu’elle soutiendra la construction de logements à faible consommation d’énergie au Kenya. Ce programme devrait entrer dans le cadre du Big four agenda qui vise désormais à s’aligner sur les normes écologiques de la Banque mondiale pour accélérer la construction de logements abordables pour la population.

« La pandémie de covid-19 a peut-être, pour le moment, été en grande partie endiguée en Europe, mais le nombre d’entreprises profondément affectées par la crise continue d’augmenter et celui des personnes infectées et gravement malades progresse rapidement sur d’autres continents. La BEI travaille avec des centaines de partenaires des secteurs privé et public dans le monde pour repérer là où son aide est nécessaire et elle s’assure que les financements sont acheminés rapidement » a déclaré Werner Hoyer (photo), président de la BEI.

Moutiou Adjibi Nourou

25/06/2020

RDC : après son succès à Kibali, le géant minier Barrick s’active sur le projet d’or Ngayu

 

(Agence Ecofin) La filiale congolaise du géant minier Barrick Gold a lancé un programme de forages carottés sur plusieurs cibles prioritaires du projet aurifère Ngayu, en RDC. C’est ce qu’a rapporté lundi son partenaire de coentreprise Loncor Resources, indiquant que le démarrage de cette campagne est une étape importante dans la concrétisation du potentiel de la zone.

« Après avoir construit la mine d’or de Kibali à environ 220 km de là, Barrick a commencé son programme de forages à Ngayu, une zone qui, selon nous, a du potentiel pour d’importantes découvertes d’or semblables à notre propre gisement d’Adumbi », a commenté le PDG de Loncor, Arnold Kondrat.

La cible principale du programme de forages carottés sera le prospect d’Anguluku. Les autres cibles prioritaires sont Medere, Makasi, Lybie, Salisa et Bakpau NE dans la zone d’Imva, à l’ouest de la ceinture de Ngayu.

Louis-Nino Kansoun

21/05/2020

Pour David Malpass, l’annulation de la dette africaine due à la Banque mondiale serait un « signal très négatif »

 

(Agence Ecofin) - S’exprimant au micro de RFI sur l’aide apportée aux pays pauvres dans le cadre de la gestion de la pandémie de COVID-19, le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass (photo), s’est prononcé sur l’épineuse question de la dette africaine. Selon le responsable, un non-remboursement de la dette des pays du continent envers l’institution n’enverra pas un signal positif.

« Il y a eu des appels en direction des bailleurs de fonds multilatéraux pour un allègement de leur dette, en clair pour que les pays n’arrivent pas à rembourser par exemple ce qu’ils doivent à la Banque mondiale. Le problème, c’est qu’à la différence des autres créditeurs, la Banque mondiale fait appel au marché obligataire pour se fournir en fonds et en crédits », a indiqué David Malpass. Pour lui, « ne pas rembourser serait de la part de ces pays envoyer un signal très négatif » au marché notamment.

L’économiste déclare néanmoins comprendre la nécessité d’un allègement de la dette des pays pauvres en particulier du continent africain afin de leur permettre de dégager des ressources immédiates pour financer les dépenses urgentes. Selon lui, les créanciers privés des pays pauvres doivent faire un plus grand effort pour fournir une réponse « sensible et encourageante » à ce problème.

« Je suis optimiste sur le fait que les créanciers privés comprendront qu’il est dans l’intérêt à long terme de l’ensemble du monde de prendre en compte ce que dit le G20. Vous savez, dans un communiqué, le G20 a appelé les créanciers privés, comme les créanciers publics, à faire le même traitement de cette question de la dette », souligne-t-il. Il appelle également les pays africains à « s’adresser à leurs partenaires bilatéraux traditionnels » afin de « trouver avec eux une solution pour obtenir davantage de moyens ».

Alors que les financements à destination des pays pauvres semblent encore insuffisants pour les aider à relever efficacement le défi de la crise actuelle, David Malpass a déclaré que son institution prévoyait d’augmenter le montant de ses aides financières. D’ici juin 2021, la Banque mondiale espère fournir 156 milliards $ d’aide au total, dont la plus grande partie sera destinée à l’Afrique subsaharienne. A ce jour, seulement 5,5 milliards $ ont été fournis par l’institution dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

« Même avec tout cela, ce ne sera pas suffisant. Alors ce que nous cherchons à faire, avec Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, c’est d’élargir le moratoire sur la dette », a déclaré David Malpass pour qui ces mesures permettront de financer les dépenses de santé de plus en plus importantes.

Moutiou Adjibi Nourou     

01/04/2020

La BAD lève 3 milliards $ pour aider à atténuer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les économies africaines

(Agence Ecofin) - La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé avoir levé un montant exceptionnel de 3 milliards $ sur trois ans pour aider à atténuer l’impact économique et social de la pandémie de Covid-19 sur les moyens de subsistance et les économies africaines.

L'obligation sociale « Fight Covid-19 », d'une durée de trois ans, a suscité l'intérêt des banques centrales et des institutions officielles, des trésoreries bancaires et des gestionnaires d'actifs, y compris les investisseurs socialement responsables, avec des offres dépassant 4,6 milliards $. Il s'agit de la plus importante obligation sociale jamais lancée sur les marchés internationaux des capitaux à ce jour et de la plus grande référence en dollars américains jamais émise par la Banque. Il paiera un taux d'intérêt de 0,75%.

« La Banque africaine de développement prend des mesures audacieuses pour soutenir les pays africains. Cette émission d'obligations Covid-19 de 3 milliards $ est la première partie de notre réponse globale qui sera bientôt annoncée. Il s'agit en effet de la plus importante transaction d'obligations sociales libellée en dollars, à ce jour sur les marchés de capitaux. Nous sommes ici pour l'Afrique et nous apporterons un soutien rapide et significatif aux pays », a déclaré le Dr Akinwumi Adesina, Président du Groupe de la BAD.

Selon les premières estimations, le continent aura besoin de plusieurs milliards de dollars pour amortir l'impact de la maladie car de nombreux pays ont pris des mesures d'urgence, y compris des fermetures commerciales, pour contenir l’épidémie.

À l'échelle mondiale, les usines ont été fermées et les travailleurs renvoyés chez eux, perturbant les chaînes d'approvisionnement, le commerce, les voyages et entraînant de nombreuses économies vers la récession.

04/03/2020

RDC : le gouvernement sollicite l’aide des compagnies minières pour augmenter ses réserves en devises étrangères

 

(Agence Ecofin) - Le gouvernement congolais veut acheter des dollars aux compagnies minières actives dans le pays en échange de francs congolais. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, dans une lettre adressée à Louis Watum, président de la Chambre des Mines, et relayée par Bloomberg.

Cette décision vise à « assurer la résilience de l’économie nationale » a déclaré le Premier ministre alors que le pays cherche à obtenir un prêt du Fonds Monétaire International. Le code minier adopté en 2018 permet en effet à la Banque centrale congolaise de solliciter l’aide des compagnies pour augmenter ses réserves en devises étrangères, « si les besoins de l’économie nationale l’exigent ». À cet effet il leur est demandé de rapatrier au moins 60 % de leurs recettes d’exportation vers des comptes en RDC.

Les négociations ont déjà démarré avec les compagnies minières actives dans le pays sur les modalités de l’achat, a déclaré le ministre des Mines Willy Kitobo. Rappelons que de grandes compagnies comme Glencore, Barrick ou encore China Molybdenum sont présentes en RDC dans l’exploitation du cobalt, de l’or ou du cuivre.

 

26/01/2020

Classement 2020 selon l'indice de perception de la corruption : plusieurs pays africains toujours dans le rouge

 

(Agence Ecofin) - Le classement 2020 de Transparency International sur l'indice de perception de la corruption dans le monde est désormais public. Sans surprise, plusieurs pays d'Afrique subsaharienne figurent dans le top 50 des plus corrompus dans le monde, même si quelques changements sont notés çà et là.

19 pays ont connu une amélioration de leurs positions, notamment l'Angola, l'Ethiopie et le Mozambique qui ont gagné respectivement 19, 18 et 12 places. 5 pays ont vu leurs positions inchangées tandis que 25 ont perdu des places. eSwatini et le Liberia ont connu les plus mauvaises performances avec 24 et 17 places perdues respectivement.

On note aussi que les leaders économiques dans leurs sous-régions : le Ghana, le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Cameroun ont perdu des places, notamment 2 pour les deux premiers et 1 pour les leaders de l'UEMOA et la CEMAC. En Afrique de l'Est et australe, le Kenya (+7) et l'Afrique du Sud (+3) ont amélioré significativement leurs positions.

D'un point de vue global, les Seychelles et le Botswana dominent le classement d'Afrique subsaharienne, avec des positions générales respectives de 27e et 34e. Deux pays de l'UEMOA (le Sénégal et le Bénin) sont dans le top 10 des pays les moins corrompus d'Afrique avec pour le Bénin, une première arrivée à ce niveau du classement. On notera aussi la sortie de Maurice et du Ghana de ce classement restreint.

Ce classement sort à quelques semaines du Financial Secrecy Index, un classement qui permet de voir les pays facilitateurs et les receleurs de la corruption, en acceptant la pratique du secret financier. De ce point de vue, l'Afrique occupe souvent une place assez honorable.

De nombreuses ONG continuent de se demander comment est effectué ce classement, car en termes de montant, le continent est la partie du monde où on retrouve le moins de scandales. Quoi qu'il en soit, il n'en faut pas plus pour saper la perception des investisseurs.

Selon des données provisoires de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement, l'Afrique subsaharienne n'a reçu que 47 milliards $ d'Investissements directs étrangers en 2019, soit le plus faible montant investi dans une sous-région. Mais là aussi, les perspectives sont ouvertes, car des pays comme la Chine qui sont positionnés en rouge dans l'indice de Transparency International ont aussi reçu une solide part des investissements étrangers.

Le classement de cette année intègre aussi d'autres annexes, comme celles des performances démocratiques, selon l’Economist Intelligence Unit, ou encore l'indice de gouvernance durable de la Fondation Bertelsmann.

Idriss Linge

08/01/2020

2020 sera une année de nouvelles batailles pour le groupe financier américain Goldman Sachs en Afrique

(Agence Ecofin) - L'année 2020 pourrait être celle de nouveaux challenges pour Goldman Sachs en Afrique. Durant la période festive de décembre 2019, le groupe financier américain a profité pour donner le nom du remplaçant de Colin Coleman, qui a dirigé son bureau sud-africain pendant près de 20 ans. Jonathan Penkin est celui à qui incombera désormais cette responsabilité.

Sa nomination doit encore être approuvée, mais déjà ses missions sont importantes. M. Penkin devra en effet poursuivre le processus d'expansion de Goldman Sachs en Afrique du Sud principalement et potentiellement dans la région subsaharienne toute entière. « En ce moment où les banques centrales, comme la Réserve fédérale, deviennent de plus en plus accommodantes, l'Afrique du Sud est l'un des marchés obligataires à rendement élevé ; ce qui en fait un endroit attrayant pour les investisseurs mondiaux à la recherche de rendement », expliquait en juillet 2019, Kunal Shah, un des responsables en charge de mener cette expansion.

En 2019, Goldman Sachs a annoncé avoir postulé pour une licence bancaire en Afrique du Sud, pour se donner plus de possibilités de réaliser des transactions dans le pays. Le groupe a aussi signé un accord de trading avec Investec, pour permettre à ses clients de tirer avantage de ses positions respectives sur des marchés financiers, notamment en Afrique.

Le groupe financier américain a par ailleurs organisé une discussion entre l'actuel président sud-africain, Cyril Ramaphosa, et un groupe d'investisseurs. Le but était de partager avec eux, le potentiel réel qu'offre l'Afrique du Sud au-delà des défis publiés dans les médias.

Jonathan Penkin, qui est diplômé de l'Université du Cap en Afrique du Sud, est un habitué des missions difficiles. Il était à la tête de l'unité des marchés des capitaux de Goldman Sachs pour l'Asie (à l'exclusion du Japon) depuis 2016. Il a aussi fait partie des responsables de la banque qui ont travaillé sur la longue et difficile introduction en bourse de Saudi Aramco, le géant pétrolier saoudien.

 

 

Idriss Linge

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